L'appel au boycott de produits israéliens est un délit réprimé en France ! Et si ce n'était plus le cas ?

Par Politeia, il y a 659 jours

L'appel au boycott de produits israéliens est un délit réprimé en France ! Et si ce n'était plus le cas ?

L'appel au boycott de produits israéliens est un délit réprimé en France ! Et si ce n'était plus le cas ?


Nombreux sont ceux qui, depuis des années, militent pour qu'à divers échelons, - associatifs et institutionnels -, une politique de pression par le boycott des produits et services israéliens soit engagée, afin de contraindre ce pays à se conformer aux diverses résolutions que la communauté internationale a voté au sein des instances de l'ONU, exigeant son retrait des territoires palestiniens occupés.

Des campagnes ont été lancées dans divers pays, avec un certain succès, sur le modèle de celles qui avaient fait plier le régime de l'Apartheid sud-africain. A l'époque, de nombre [...] Tout lire

Avatar de Platinium54
Par Platinium54 - 16/04/2010 à 00:33
Un article du Monde Diplomatique qui fait un point intéressant sur la campagne Boycott-Désinvestissement-Sanction (BDS), en particulier sur l'avancée juridique de différenciation des produits "made in Israël" ou dans les territoires occupés:

http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-02-22-Boycott-la-contre-offensive-d

Avatar de Dequoijememele
Par Dequoijememele - 16/04/2010 à 11:25
merci Politeia pour cette question difficile, qui ramène sur un terrain beaucoup plus concret celle, plutôt "poétique", que j'avais postée il y a un mois, avec sa video :

" Israël Palestine - Quels rêves reste-t-il ? Un seul Etat ? "

http://www.pnyx.com/fr_fr/sondage/568

Avatar de Politeia
Par Politeia - 16/04/2010 à 15:48
Cette question juridique du droit au boycott est très intéressante. Finalement, que disent les juridictions ? Que l'on ne peut, sur des critères nationaux (je laisse de côté ceux ethniques, religieux, qui semblent aller de soi), faire de discrimination ou préférence commerciale. Mais la notion "d'embargo", dans une logique de "pression" et de "sanctions" est un usage commun par des états contre d'autres états , ou même au nom de la Communauté Internationale (ONU) contre des états qui ne respectent ses décisions ! Si l'on prend le cas de l'Iran, actuellement, l'on est exactement dans ce cas de figure ! Donc, en fin de compte, ce que disent ces jugements, c'est que ce que les états ont le droit de faire, des individus ou groupements n'ont pas le droit d'appeler à le faire !

Avatar de facetus
Par facetus - 18/04/2010 à 11:24
S'agissant des produits israéliens exportés, de quoi parle-t-on? Essentiellement d'agrumes et d'avocats sans doute cueillis par de la main d'oeuvre arabe et par ailleurs beaucoup d'armes, ce qui ne nous concerne pas directement... Un boycott serait donc surtout symbolique.

Si on devait aussi boycotter les produits chinois à cause de l'invasion du Tibet, cela ferait cette fois une belle abstinence... chiche?

Avatar de Psaïn
Par Psaïn - 18/04/2010 à 13:36
Après avoir tout essayé pour défendre les droits élémentaires, des PALESTINIENS, par des négociations ou de résolutions de l'ONU jamais respectées (état souverain,libre circulation de la population,accès libre à l'eau etc...) sans aucun résultat .

Le boycott reste l'unique pression

Avatar de facetus
Par facetus - 18/04/2010 à 14:44
Concrètement, cela revient à boycotter quoi à part des agrumes et des avocats?
Si ces produits se vendaient moins, les ouvriers agricoles palestiniens seraient en fait les premiers à en souffrir...
Avatar de Orange
Par Orange - 18/04/2010 à 14:53
Les appels au boycott dépassent les produits, ils touchent tout autant les services, les échanges culturels, universitaires, etc


Les sites de BDS, la principale organisation militant pour le boycott d'Israël, avec des listes très détaillées, selon les distributeurs:

http://www.bdsfrance.org/
http://bdsmovement.net/



Le coeur de cible de ces appels au boycott: les entreprises dont la production est en relation avec les territoires occupés:

http://www.whoprofits.org/Involvements.php?id=grp_inv_exploit



Avril 2009: un sondage israélien indique que 21% des exportateurs ont ressenti les effets du boycott

http://www.mecanopolis.org/?p=5035&type=1
Avatar de Orange
Par Orange - 18/04/2010 à 17:16
Un exemple d'initiative d'une coopérative suédoise:

http://swedenisrael.blogspot.com/2010/04/swedish-consumers-association-wants-to.html
Avatar de Ryo
Par Ryo - 19/04/2010 à 14:40
orange,

dsl, d'ouvrire ca ici mais je suis pas tres callé dans ce forum dis moi, s'agissant d'israel et de l'iran, as tu vu les infos sur les fameux missiles s-300 vu en iran , tu as des infos toi ou facetus si c'est bien des s-300 ou des HQ-9 chinois alors l'option militaire d'israel est d'ores déjà morte ?

Avatar de Orange
Par Orange - 19/04/2010 à 17:02
Bonjour, Ryo, ça semble de l'intox, les russes devraient les leur livrer depuis près de 5 ans ... en tout cas, les missiles DCA qui ont été présentés lors d'un défilé il y a quelques jours, seraient bidon ! Mais toutes les sources sont des médias partisans, aucun grand média ... à suivre
Avatar de Ryo
Par Ryo - 19/04/2010 à 17:48
orange,

donc tu ne penses pas qu'il s'agisse des HQ-9 ( FD 2000 nom d'export ) chinois ?

ou que les iraniens aient reçu a copier la technologie car ils ont quand même reçu des s-300

modeles des annees 70 en même temps que les s-200 par la bielorussie

Avatar de Mivy
Par Mivy - 20/04/2010 à 21:32
Le problème du boycott c'est qu'il ne s'agit pas de lutter contre une politique, mais contre un pays qu'on veut rayer de la carte, et d'un peuple qu'on veut exterminer.
Il existe des écrivains israéliens pacifistes, qui militent tous les jours pour les droits des palestiniens, on les boycott. Ce n'est pas ce qu'ils pensent qui est en cause, mais ce qu'ils sont.
Goebbels disait, qu'importe ce que pense le juif, la tare est dans la race.
La politique d'Israël n'a rien à voir avec le boycott. Les boycotteurs ne veulent pas qu'Israël change de politique, mais qu'Israël meurt.
La politique de plus en plus à droite d'Israël est la conséquence des manquements de la communauté internationale et du monde arabe. La conséquence de l'évacuation du Sud Liban et de Gaza qui ont montré qu'à tout effort vers la paix, le monde arabe en faisait un vers la guerre. Si le monde arabe change, Israël changera sa politique. Plus on parle de boycott plus le pays se durci, il préfère être détesté que mort.

Avatar de Politeia
Par Politeia - 22/04/2010 à 09:06
Mivy, n'est-il possible d'aborder ce sujet avec une certaine neutralité ?

Personne ne peut contester que l'Etat d'Israël ne respecte pas les décisions de la Communauté Internationale - résolutions de l'ONU -, à commencer par la première, fondatrice, la 181, qui attribuait 14000 km2 pour le futur Etat Juif (contre 22000 revendiqués aujourd'hui), puis la 247 , etc.

Si aujourd'hui l'on discute à l'ONU de "Pressions, Sanctions" contre l'Iran, c'est aussi parce qu'il ne respecte pas les décisions de la Communauté Internationale - résolutions de l'ONU -.

Appelons cela "sanctions, pressions, boycott, embargo, etc …", il s'agit toujours de la même chose: y-a-t-il une légalité internationale, doit-on la faire respecter ?

Pourquoi dans certains cas l'on considérerait que la Communauté Internationale - résolutions de l'ONU -, est respectable et dans d'autres non ? Le légalisme est entier ou pas du tout !

Les questions de sécurité sont essentielles, l'on est bien d'accord, mais quelle relation y-a-t-il entre la création de colonies sur des territoires que la Communauté Internationale - résolutions de l'ONU - a attribué à d'autres, et la protection de son peuple ?

Aucune.

etc.

D'un point de vue strictement légaliste, cette question de "sanctions, pressions, boycott, embargo, etc …" est absolument logique, sauf à considérer que dans certains cas les décisions de la Communauté Internationale - résolutions de l'ONU - sont justifiées et dans d'autres non !

Le reste est de la politique, de la littérature, de la religion, etc ...
Avatar de Solal
Par Solal - 20/04/2010 à 22:35
Cessons d'élever des barrières, un boycott n'a jamais rien résolu et dans ce cas ne ferait qu'empirer une situation déjà envenimée...
Il faut panser les plaies de deux peuples psychologiquement meurtris, surmonter ce passé douloureux et étouffer sa vanité pour la crèation de deux états nécessaires.

Avatar de facetus
Par facetus - 22/04/2010 à 17:31
Tout à fait d'accord.
Et pour les fans du boycott, je les invite à être consistant et à boycotter aussi les produits chinois à cause de l'invasion et de la répression sanglante au Tibet.
S'abstenir de qqs avocats, ce n'est pas une grosse affaire. En revanche, quant aux produits chinois, il faudra vivre en autarcie pour les éviter, bannir tout ce qui est électrique et se vêtir de peaux de bêtes. On va bien rire...
Avatar de Orange
Par Orange - 22/04/2010 à 23:32
Il y a eu effectivement trois résolutions de l'ONU enjoignant la Chine à respecter les droits de l'Homme au Tibet, sans jamais contester l'annexion du Tibet à la Chine. La portée de ces réclamations est beaucoup moins concrète que celles concernant Israël - des territoires clairement identifiés dans une occupation illégale au-regard du droit international -, et la comparaison me semble difficile.
Avatar de Politeia
Par Politeia - 23/04/2010 à 08:31
@facetus

au-delà des jeux de mots, j'aimerais que me dises comment tu peux être favorable à ce que des mesures concrètes "forcent" l'Iran à respecter une légalité internationale, et que tu ne le sois pas à l'encontre d'Israël, ceci, QUELQU'EN SOIENT LES FORMES: "sanctions, pressions, boycott, embargo, etc …" ?
Avatar de facetus
Par facetus - 23/04/2010 à 18:25
@ Orange, la vraie différence est que les chinois sont arrivés à leurs fins en annexant entièrement le Tibet et que surtout la Chine est membre permanent de l'ONU donc il ne faut pas s'attendre à de condamnations significatives.
Dans l'absolu, la Chine a fait bien pire qu'Israël mais c'est tellement plus facile de boycotter Israël, cela soulage la conscience de certains...
Avatar de facetus
Par facetus - 23/04/2010 à 18:31
@Politeia, on ne peut pas comparer Israël et l'Iran qui est en passe de devenir le principal contributeur de la prolifération nucléaire.
Enfin, pourquoi ne pas aussi boycotter les produits chinois? Parce que la misère des tibétains nous est trop éloignée?
Avatar de Politeia
Par Politeia - 23/04/2010 à 23:11
@Facetus, tu as raison, chaque situation est particulière, mais ne sous-estime pas l'importance de ce dossier israelo-palestinien pour NOUS, pour TOUS. De nombreuses crises mondiales y sont indirectement associées: l'équilibre du moyen-Orient bien-sûr, mais aussi le terrorisme islamiste, qui sinon n'aurait pas trouvé de tels relais, de telles assises, la charge financière pour la communauté internationale, au-travers des budgets de l'UNWRA depuis 50 ans pour l'ensemble des camps de réfugiés, l'UE, pour porter à bout de bras la survie de Gaza et de l'Autorité Palestinienne, des budgets qui tournent autour de 5 milliards par an, et qui paradoxalement, permettent à Israël à ce que cette situation impossible puisse perdurer depuis des décennies. Jamais l'économie israélienne ne serait à même d'assumer financièrement les conséquences de la déstructuration des territoires qui interdisent toute autonomie économique à 3 millions de palestiniens en Palestine et près de 3 millions aussi en Jordanie, Liban, Syrie ! Si NOUS (la communauté Internationale) ne portions pas à bout de bras la survie de ces 6 millions de personnes, depuis longtemps tout aurait littéralement explosé et peut-être qu'Israël se serait replié sur SON vrai territoire, en y édifiant tous les murs qu'il veut !
Avatar de Mivy
Par Mivy - 23/04/2010 à 16:41
@ Politeia

Non, on ne peut pas raisonner sereinement quand on connaît l'histoire juive, faite de massacres continuels aussi bien du côté musulman que chrétien. Quand on lit Meijliss et d'autres sites musulmans en France, on a peur, on sent l'appel au meurtre à plein nez, et l'histoire juive nous a appris à croire nos craintes.

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/04/21/le-boycott-d-israel-est-il-de-gauche-par-eric-marty_1340824_3232.html

Plus de la moitié des condamnations de l'ONU concernent Israël, qui a le triste record d'être le pays le plus condamné du monde et de loin. Par contre, cherchez donc les condamnation du Soudan et de son million de victimes civiles, de la Russie qui a massacré joyeusement les Tchétchénes, des Sri Lanquais etc...
L'attitude du monde face à Israël ressemble à du racisme contre le Juif des Etats, et on prépare déjà le bûcher.

Israël est parano à cause de son histoire et de celle du peuple juif. Pour améliorer les choses, il faut rassurer. Il faut que les Israëliens sachent que s'ils évacuent, ils ne recevront pas de Qassam en remerciement, qu'il n'y aura pas de Hezbolah à Jenine. Or Abbas vient de donner à une avenue de Ramalah le nom d'un mec qui est responsable de nombreux crimes de guerre. C'est un très mauvais présage.
La paix suppose de dire en anglais ET en arabe : On veut vivre en bon voisin.

Cela dit, je n'apprécie pas du tout la politique de Netanyahu, mais les boycotteurs ne veulent pas qu'Israël change de politique, ils veulent qu'Israël disparaisse.

Avatar de Politeia
Par Politeia - 23/04/2010 à 22:56
"J'entends" ce que vous dites, mais les faits sont têtus ... en km2 ! Et il ne s'agit pas de l'administration actuelle, mais celles depuis environ 45 ans qui ont clairement basculé dans une logique du fait accompli, en termes de colonisation, en termes de frein à toute solution sérieuse de négociation, et quand certains ont eu le courage d'avancer, ils se sont fait écarter ou même éliminer !

Quant aux discours de haine, j'attrape des crampes d'estomac lorsque je traîne sur des forums israélites ...


Si vous voulez connaître le fond de ma pensée, moralement, philosophiquement, cf ( http://www.lepost.fr/article/2010/04/17/2037265_l-identite-de-l-un-n-a-aucun-avenir-si-elle-ne-s-ouvre-pas-au-respect-de-celle-de-l-autre.html ), un coup de colère que j'ai récemment eu au sortir de la lecture d'un article qui en faisait vraiment trop.



Avatar de Orange
Par Orange - 24/04/2010 à 00:12
Un article objectif sur les enjeux proches, paru dans Haaretz, grand quotidien israélien, de gauche:


L’Holocauste ne protégera pas toujours Israël

http://www.lepost.fr/article/2010/04/17/2037115_l-holocauste-ne-protegera-pas-toujours-israel-haaretz.html

Avatar de Resistances4
Par Resistances4 - 28/04/2010 à 10:00
Je viens de poster :

"Antisionisme et antisémitisme ne sont pas la même chose ! Alors, soutenez-vous cet Appel à l'éradication des dérives antisémites sur le Net ?"

qui prend le contre pieds de certaines dérives de ce combat contre la politique d'Israël.

http://www.pnyx.com/fr_fr/sondage/658

Avatar de Politeia
Par Politeia - 04/05/2010 à 16:23
L'Union Européenne fait appliquer ses directives !


Interdiction à ses services de toute relation avec tout organisme officiel israélien qui serait implanté au-delà de la "ligne verte" :

Europol n'a pu aller signer un accord de coopération avec la police israélienne !


http://www.unitedjerusalem.org/index2.asp?id=1359959

Avatar de Orange
Par Orange - 11/05/2010 à 22:40
Le pari de l'"Intifada blanche" en Cisjordanie, Laurent Zecchini (Le Monde Mardi 11 mai 2010)

"Parce qu'ils attendent peu des négociations indirectes qui viennent officiellement de reprendre avec les Israéliens, les Palestiniens de Cisjordanie, par ailleurs convaincus que la lutte armée est vouée à l'échec, sont tentés de s'engager dans une campagne de longue haleine faite de "résistance populaire" et de guerre économique contre les colonies juives.

"J'ai le sentiment que le monde entier est avec nous, aujourd'hui !", s'était exclamé Salam Fayyad, premier ministre de l'Autorité palestinienne, le 21 avril, à l'ouverture d'une conférence consacrée à ce thème organisée à Bilin, un haut lieu de la lutte non violente. "La résistance populaire pacifique est le moyen essentiel de mettre fin à l'occupation. Il y a des initiatives pour nous soutenir dans de nombreux pays européens", s'est-il félicité devant un parterre de militants et une vingtaine de diplomates, notamment européens.

Il est encore trop tôt pour savoir quelle sera la longévité de cette "Intifada blanche" et surtout son efficacité. Mais le mouvement fait tache d'huile. La lutte des habitants de Bilin, commencée en février 2005 lorsque la "clôture de sécurité" érigée par les Israéliens a coupé le village en deux, n'est plus isolée : Nilin, Nabi Saleh, Masara, Budros, Beit Jala, Iraq Burin, sans compter Cheikh Jarrah et Silwan, à Jérusalem-Est, Gaza enfin, dans la dangereuse zone tampon entre les check-points israélien et palestinien...

Combien sont-ils ces villages où se déroulent, chaque semaine, des manifestations "non violentes" même si, souvent, des jets de pierres répondent aux tirs de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc, ou vice versa ? Dix, quinze, voire "quarante", comme l'affirme avec beaucoup d'optimisme Mustafa Barghouti, ancien candidat à l'élection présidentielle de 2005, venu des rangs communistes, et qui revendique un rôle pionnier dans la lutte non violente ?
"Avec le soutien de la communauté internationale, Israël doit être dénoncé comme un Etat de l'apartheid. Il faut boycotter tous les produits israéliens, pas seulement ceux provenant des colonies", insiste-t-il. A Ramallah, on entend sur ce point deux discours : Hassan Abou Libdeh, ministre palestinien de l'économie, assure que seule la production des colonies est visée : "Nous ne prenons aucune mesure contre les autres produits israéliens", souligne-t-il. Pour Nabil Chaath, ancien négociateur qui préside aujourd'hui la commission des affaires étrangères du Fatah, le parti qui contrôle l'Autorité palestinienne : "Les Palestiniens peuvent décider de boycotter tout ce qui est israélien. Les produits des colonies sont illégaux, parce que les colonies sont illégales", insiste-t-il.

L'ancien ministre des affaires étrangères de Yasser Arafat explique que la résistance non violente est basée sur un constat : "Il n'y a pas de chances réelles pour un accord négocié avec les Israéliens tant que Benyamin Nétanyahou sera premier ministre." Pour lui, la stratégie palestinienne doit comprendre quatre piliers : la résistance populaire, l'action internationale, l'unité nationale entre Palestiniens et la construction d'un Etat.

C'est une stratégie aléatoire. D'une part, parce que ceux-ci envisagent des mesures de rétorsion, comme l'interdiction des exportations palestiniennes à partir des ports israéliens ou le non-reversement des droits de douane ; d'autre part, parce que le risque de dérapages violents est latent. Vouloir contrôler des foules de jeunes palestiniens que l'on encourage à manifester contre l'"occupation" ressemble à une gageure. Enfin, les conséquences d'un boycottage ne sont pas anodines pour l'économie palestinienne. M. Libdeh demande aux quelque 25 000 travailleurs palestiniens employés dans les colonies juives d'abandonner leur emploi, en prévenant qu'un refus d'obtempérer sera puni d'une peine de cinq ans de prison et d'une forte amende de 14 000 dollars (11 000 euros). [...]
Au niveau politique, une mobilisation contre l'"Intifada blanche" s'affirme tant au Parlement (la Knesset) qu'au gouvernement. Isaac Herzog, ministre israélien des affaires sociales, explique au Monde que ce sont "les Palestiniens les plus pauvres qui vont pâtir du boycottage". "L'Autorité palestinienne devrait ouvrir son économie et ne pas considérer que le fait de commercer avec nous affaiblit ses aspirations nationalistes", insiste-t-il. La période des négociations indirectes, ajoute ce responsable du Parti travailliste, "doit être l'occasion de détendre la situation, non de provoquer davantage de tensions".

Les Palestiniens s'efforcent d'obtenir le soutien de la communauté internationale en faveur du boycottage, avec des résultats encore peu probants. Quant aux chances d'obtenir des concessions politiques d'Israël par la pression de l'"Intifada blanche", tous les Palestiniens ne sont pas convaincus par une telle stratégie. M. Hadi résume ainsi le point de vue des sceptiques : "Ce sont des initiatives éparpillées, sans consensus et sans leadership : on manifeste le vendredi et le reste de la semaine, chacun reprend ses activités. Il n'y aura jamais de Gandhi palestinien, c'est une question de culture : la non-violence n'a jamais été dans la tradition du peuple palestinien", affirme-t-il."