La justice a tranché : Hortefeux est condamné pour injure raciale ! Sarkozy peut-il le conserver dans son gouvernement ?

Par Summertime, il y a 90 jours

La justice a tranché : Hortefeux est condamné pour injure raciale ! Sarkozy peut-il le conserver dans son gouvernement ?

La justice a tranché : Hortefeux est condamné pour injure raciale ! Sarkozy peut-il le conserver dans son gouvernement ?



- le 5 septembre 2009, lors d'une université d'été à Seignosse, dans les Landes, entouré de Jean-François Copé, le président du groupe UMP à l'Assemblée, et d'un groupe de militants, le Ministre de l'Intérieur (à l'époque de l'immigration et de l'identité nationale), plaisante en faisant allusion aux origines arabes de l'un des militants, Amine Benalia-Brouch. Après les propos d'une dame "Il est catholique, il mange du cochon et il boit de la bière", le Ministre répond : "Ah mais ça ne va pas du tout, alors, il ne correspond pas du tout au prototype, alors. C'est pas ça du t [...] Tout lire

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Par Socratee - 05/06/2010 à 05:29
Extrait de l'article du Monde "Malgré l'"injure raciale", le parquet estime qu'Hortefeux ne doit pas être condamné" Le Monde.fr | 16.04.10:
Vincent Geisser et Véronique de Rudder, qui ont fort bien expliqué que la plaisanterie relevait d'"une ethnicisation de la France, qui se voulait auparavant universaliste", et d'"une rhétorique raciste". "Il y a d'abord la généralisation – tous les Arabes sont ceci ou cela –, a expliqué la chercheuse au CNRS, puis l'infantilisation – 'notre petit Arabe' -, la réification, on fait de cet homme un objet, un prototype, puis la diabolisation – quand il y en a beaucoup, ça nous fait du mal. Amine Benalia-Brouch n'a rien à dire, d'ailleurs il ne dit rien dans la vidéo, c'est nous qui définissons son identité" et l'humour a pour fonction de "laisser quelqu'un à la place qu'on lui a assignée".

Rhétorique raciste incluant généralisation, infantilisation, réification, diabolisation (en deux phrases) : s'il ne se prend pas une gamelle en appel, c'est grave.

"Errare humanum est, sed perseverare diabolicum"
L'erreur est humaine mais persévérer dans son erreur est "diabolique"(pourrait-ce être le bon mot?)?

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Par Orange - 05/06/2010 à 09:03
Le jugement dans son intégralité (fichier pdf) :

http://prdchroniques.blog.lemonde.fr/files/2010/06/hortefeux.1275663281.pdf

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Par Politeia - 07/06/2010 à 23:47
Dans les diverses réactions de personnalités à ce jugement, dont certaines l'attaquent très directement, comme le député Vanesste dont les propos pourraient à mon sens être poursuivis au titre de l'article 434-25 (cf ci-dessous) - je suis frappé par l'évolution des mentalités de la classe politique : il y a encore quelques années, la démission, en fait l'éviction, intervenait dès qu'un membre du gouvernement était mis en cause dans une procédure, puis c'est passé à lorsque l'instruction aboutissait à sa mise en examen (au-moins un an de gagné), ensuite s'il faisait l'objet d'une condamnation en première instance (au-moins deux ans de gagnés), maintenant on sous-entend que ce sera s'il est condamné en appel, sans que ce soit même clairement dit (au-moins 3 ans de gagnés), puis ce sera si la cassation rejette son pourvoi (au-moins 5 ans de gagnés) et enfin ce pourrait être en fonction d'une décision de la Cour Européenne (au-moins 8 ans de gagnés).

Bref, banane, banane, tu grossis ...


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Article 434-25 : punit « le fait de chercher à jeter le discrédit, publiquement (…) sur un acte ou une décision juridictionnelle, dans des conditions de nature à porter atteinte à l’autorité de la justice ou à son indépendance ». Cet article prend le soin de préciser que cette règle ne s’applique pas aux « commentaires techniques ni aux actes (…) tendant à la réformation, (…) d’une décision ».

C’est ainsi qu’affirmer d’un jugement que « c’est une parodie de justice », d’un autre que c’est « un chef d’oeuvre d’incohérence, d’extravagance, et d’abus de droit» ou encore d’un troisième qu’il avait “de quoi faire tomber bras et jambes de stupéfaction à tous ceux qui conservent encore un gramme de bon sens” constituent effectivement des infractions punissables.

http://benoitjorion.com/site/index.php?option=com_jd-wp&Itemid=34&p=6

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Par Platinium54 - 08/06/2010 à 14:25
tu as raison de rappeler cette évolution bananière; voici en complément l'historique des évictions/démissions sous la 5è :


Depuis le début de la V° République huit ministres ont quitté leurs fonctions en raison de leur mise en cause dans une affaire judiciaire. Le premier cas s’est produit en 1972 dans le gouvernement Chaban-Delmas pour Philippe Dechartre, secrétaire d’Etat auprès du ministre du Travail. Mais, depuis 1992, c’est devenu un principe initié par le Premier ministre Pierre Bérégovoy et qui a été repris ensuite par tous les gouvernements qu’ils soient de droite ou de gauche. En vertu de ce que l’on a pris coutume de nommer la «jurisprudence Bérégovoy-Balladur» six ministres avant Pierre Bédier ont été contraints de renoncer à leur maroquin : Bernard Tapie en 1992, Alain Carignon, Gérard Longuet et Michel Roussin en 1994, Dominique Strauss-Kahn en 1999 et Renaud Donnedieu de Vabres en 2002.