Et si l'on autorisait les bacheliers à se connecter à Internet ?
extrait du Monde du 05/06/09, Jean-Marc Manach
L'internet à l'école, c'est bien. Mais au bac, et lors des examens ? Le Danemark a décidé d'autoriser, à titre expérimental, les lycéens à accéder au Net pendant leurs examens. Une mesure qui, si les tests sont concluants, pourrait être généralisée en 2011.
'Quand vous faites un devoir à la maison vous avez accès à Internet. Donc, pourquoi en priver les candidats au bac ?', s'interroge Le Café Pédagogique. Le constat dressé par les autorités danoises est simple, souligne pour sa part le Guardian : la collecte des informations étant désormais, en grande partie, confiée aux ordinateurs, pourquoi demander aux élèves de mémoriser par coeur des données que l'on peut relativement facilement retrouver sur l'internet ?
Le risque de plagiat ? Il existe des outils pour le repérer, précisent les promoteurs de la méthode. Et pour éviter les risques de tricherie, les élèves n'auront pas le droit d'utiliser de messagerie instantanée, pas plus que les traducteurs automatiques, et leurs écrans seront de toute façon contrôlés, de manière aléatoire, par des surveillants.
Il existera de toute façon des moyens détournés de tricher, mais, et comme le souligneEmmanuel Davidenkoff, directeur de la rédaction de l'Etudiant, l'accent sera mis sur la dissuasion, à la manière des contrôles antidopage, ?l'autre condition étant évidemment d'imaginer des sujets qui ne se prêtent pas au copier-coller? Donc des épreuves qui font appel à la réflexion, aux capacités de synthèse (afin de) vérifier que les élèves n'ont pas seulement appris mais compris?.
Et c'est le point le plus important : en autorisant les élèves à aller sur le Net pendant leurs examens, le Danemark parie sur leur capacité d'analyse, et de synthèse, et donc sur leur intelligence, plutôt que de continuer à reposer l'évaluation sur leurs capacités à régurgiter, ou ?copier/coller? de mémoire, ce qu'ils ont appris par coeur. Certes, l'un n'empêche pas l'autre, et le pari est osé, mais il a le mérite de s'adapter à la réalité quotidienne des élèves, plutôt que de continuer à faire comme s'ils vivaient encore au temps où l'accès à l'information était une ressource rare.
Dans une société où c'est la recherche, l'analyse et la compréhension de l'information qui a une valeur ajoutée plutôt que le mémorisation de cette information (devenue inutile), il est absurde que l'éducation ne suive pas cette évolution et continue à considérer les élèves comme des vulgaires éponges.
Il était temps, l'éducation n'a pas vraiment évolué depuis le XIXe siècle...
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