Comment éviter les abus des billets sponsorisés?

Par befree, il y a 855 jours

L'article de 20':

Billets sponsorisés, cadeaux... Les blogueurs américains menacés d'une amende de 11.000 dollars s'ils ne sont pas transparents
Créé le 06.10.09 à 21h13 | Mis à jour le 06.10.09 à 21h27 | 14 commentaires
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Une personne utilise un ordinateur pour accéder à internet
Une personne utilise un ordinateur pour accéder à internet/Nigel Treblin AFP/DDP/Archives

REVUE DE WEB - Atteinte à la liberté de poster ou régulation salutaire, le débat fait rage autour des nouvelles règles publiées par une agence gouvernementale...
De notre correspondant à Los Angeles


C'est un débat aussi vieux qu'Internet ou presque: faut-il forcer les blogueurs à respecter des règles de bonne conduite. Lundi, la FTC (Federal Trade Commission, une agence gouvernementale indépendante notamment chargée de protéger le consommateur) a répondu par l'affirmative en publiant une mise à jour de 81 pages de son guide sur «l'usage du témoignage et du parrainage dans la publicité». Le point central de la portion consacrée aux blogs et aux réseaux sociaux: les blogueurs s'exposent à une amende de 11.000 dollars par billet s'ils ne mentionnent pas clairement

* leur affiliation à une industrie ou une compagnie liée à leur post
* le fait qu'ils ont reçu des produits en cadeaux
* ou carrément qu'ils ont été payés pour poster


Des régulations gouvernementales mal accueillies

«La FTC veut réguler notre parole», tonne Jeff Jarvis (ancien journaliste et blogueur). L'auteur du bestseller What would Google do? voit dans ce document «un monument aux conséquences non connues, aux dangers cachés et aux assomptions dangereuses». Pour l'expert –qui précise abhorrer la pratique du payé-pour-poster et être partisan de la transparence sur les affiliations– Internet «n'est pas un média mais un espace où les gens discutent». Par conséquent, «le gouvernement n'a rien à y faire».

Même son de cloche du côté de The Inquisitr, irrité du double standard auquel sont tenus les journaux et les blogs: «Quand avez-vous entendu un critique ciné préciser qu'il a été invité à une projection ou des journalistes high tech mentionner qu'ils reçoivent gratuitement du matériel?». Et de dénoncer les abus, notamment dans les pages tourismes des magazines, malgré une charte déontologique à laquelle les journalistes sont soumis. «Pourquoi la presse ne devrait-elle pas être concernée par les règles de la FTC?», s'énerve The Inquisitr.

Pas applicable

D'autres sont plus mesurés. Le journaliste Dan Gillmor, auteur de We the media, juge le but «louable», mais «inapplicable en pratique». Comme pour lui donner raison, la FTC reconnaît sur Cnet «ne pas avoir les moyens pour surveiller 500.000 blogs ou même 1.000. Mais si quelqu'un nous signale une violation, nous pourrions regarder au cas par cas», explique l'agence.. Dan Gillmor ironise: «Voilà qui va donner du boulot aux avocats spécialistes du premier amendement» (qui précise que «le Congrès ne doit créer aucune loi qui entrave la liberté d'expression»).

Les règles concernant également les réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter, beaucoup demandent comment préciser ses affiliations dans des tweets de 140 signes.

L'éminent blogueur Louis Gray en est, lui, persuadé, les nouvelles règles de la FTC auront «peu d'impact». Selon lui, l'agence a «de plus gros poissons à poursuivre que la maman blogueuse». Il conclut, à propos des blogueurs: «les honnêtes resteront honnêtes, les mauvais, mauvais.» A chacun de faire son tri.

Débat: Blogueurs, jouez-vous la transparence en France. En tant que lecteur, seriez-vous favorables à ce que de telles règles traversent l'Atlantique?
Philippe Berry, payé par 20minutes.fr pour écrire

Avatar de Trx314
Par Trx314 - 07/10/2009 à 17:15
De la même manière que les analystes financiers sont censés révéler tout intérêt dans les sociétés qu'ils analysent, il me semblerait normal qu'un blogueur révèle les intérêts qu'il a à réaliser le "test" d'un produit.

Par contre est-ce que cela doit être contraint par une loi ? comment appliquer une telle loi à la quantité de blogs existants ? par la dénonciation ?

L'idéal serait que les blogueurs influents et sérieux se soumettent d'eux-même à une charte de "bonne conduite", qui amènerait certainement le public des blogs à se méfier des blogueurs n'appliquant pas un tel code de conduite, ce qui pousserait ces derniers à y adhérer,....

Avatar de facetus
Par facetus - 07/10/2009 à 17:57
Aujourd'hui, certains blogs sont devenus des supports publicitaires à part entière, créés par les agences de pub ou de relation publique. Le principe est de faire passer le message en tant que témoignage de consommateur. Si le blog pert cette caractéristique, il pert de sa pertinence. De même, il me paraît difficile de différencier les blogs affiliés de blogs indépendants.

Avatar de Solal
Par Solal - 09/10/2009 à 15:03
Tout à fait d'accord, à l'image du "Publi-reportage" dans les médias papiers, on devrait mentionner le caractère publicitaire dans les médias web (blogs/site d'information/sites de presse/...) lorsqu'il existe, une mention simple devrait suffire...

Avatar de Platinium54
Par Platinium54 - 09/10/2009 à 15:51
En France, tout simplement en faisant appliquer les lois.

En voici un rappel rapide, du blog 'Decryptges' (article du 6 10 2009) :


Pub cachée sur un blog ? jusqu’à 11 000 $ d’amende ?


Ici et là, la blogosphère francophone fait état de l’actualisation par la FTC de son guide relatif notamment aux billets et tweets sponsorisés. Ce guide permet aux professionnels américains de s’assurer du respect de la réglementation. Aux termes de cette réglementatio, le blogueur encourt une amende maximale de 11 000 $ d’amende par billet, s’il n’indique pas ses relations avec son annonceur :

“bloggers who make an endorsement must disclose the material connections they share with the seller of the product or service”

Si aux États-Unis cette réglementation est nouvelle, elle en existe une équivalente en Europe. Pour mémoire la réglementation française prévoit déjà l’obligation d’indiquer qu’un billet est sponsorisé. Peu importe le montant du contrat, la liberté de l’auteur dans la rédaction de ses écrits, ce qui compte, c’est la relation financière entre l’annonceur ou son représentant et le blogueur. C’est ce qui ressort du point 11 de l’article L.121-1 c. conso.

Cet article dispose qu’est “réputées trompeuses au sens de l’article L. 121-1 les pratiques commerciales qui ont pour objet [...] D’utiliser un contenu rédactionnel dans les médias pour faire la promotion d’un produit ou d’un service alors que le professionnel a financé celle-ci lui-même, sans l’indiquer clairement dans le contenu ou à l’aide d’images ou de sons clairement identifiables par le consommateur ;“.

Le risque encourt le blogueur négligeant ? La peine prévue est précisée à l’article L. 121-6 c. conso. Cet article renvoie à l’article L.213-1 du même code. Ce dernier article prévoie une peine maximale de deux années de prison et de 37 500 € d’amende. L’article 121-6 dispose également que “L’amende peut être portée à 50 % des dépenses de la publicité ou de la pratique constituant le délit.“

11 000 $ ou 37 500 € : finalement quelle réglementation est la plus sévère ?


(cf Blog http://decryptages.wordpress.com/ )

Avatar de Trx314
Par Trx314 - 09/10/2009 à 16:49
Mais j'ai l'impression que cette loi ne prend en compte que les rétributions financiières, et pas les "cadeaux" de plus en plus communs : gadgets hit-tech, jeux videos, voyages, ...
Avatar de Platinium54
Par Platinium54 - 09/10/2009 à 18:18
A priori, dans toute transaction, la jurisprudence considère que si l'échange est "quantifiable", il représente une rémunération, quelle que soit sa forme, dont les avantage en nature, ceci indépendamment des considérations fiscales, qui selon les statuts des échangeurs, seront adaptées. En tout état de cause, il faut prouver qu'il y a eu 'échange'

Avatar de befree
Par befree - 13/10/2009 à 00:11
Merci à tous pour avoir exprimés vos points de vus et à Platinium54 pour m'avoir éclairé sur la législation française.

Personnellement n'ayant pratiquement jamais vu de mention disant que le billet ou le commentaire était "financé", je doute de l'application de cette loi dans les faits.

Il serait intéressant de pouvoir recenser et partager les pratiques abusives des sites pour en avertir l'internaute (stop pub...).
En cherchant des associations de consommateurs (qui ont déjà du mettre en place ces services), j'ai trouvé sur foruminternet.org un sujet complémentaire pouvant aussi vous intéresser:

Quelles sont les règles pour le droit de réponse sur internet ?
Publié le 8 novembre 2007

http://www.foruminternet.org/particuliers/fiches-pratiques/collectivites-locales/communication-electorale-et-internet/quelles-sont-les-regles-pour-le-droit-de-reponse-sur-internet.html?decoupe_recherche=Enqu%C3%AAte%20en%20ligne



Sinon,
en revenant aux sources de Platinium54 j'ai relevé un exemple dangereux de différenciation:

"Il est donc nécessaire pour les followers de différencier facilement un tweet sponsorisé d’un tweet spontané. Pour ce faire, on voit de plus en plus fleurir la mention #spon. Nous sommes ici exactement dans le même cas des publi-rédactionnels."
http://decryptages.wordpress.com/2009/07/17/tweet-publicitaire-comment-respecter-la-loi/#more-270

du même auteur:
"Le publi-rédactionnel reste légale, tout comme les vidéos virales, sous réserve que l’annonceur indique clairement dans le contenu ou en annexe, de manière très identifiable le caractère publicitaire du message."
http://decryptages.wordpress.com/2008/08/11/publi-redactionnel-du-nouveau/

Ici il est fait mention du caractère publicitaire mais sans citer la marque qui finance . Le message peut être trompeur: par exemple quand il compare plusieurs objets concurrents en se focalisant sur les défauts ...

Avatar de Trx314
Par Trx314 - 22/10/2009 à 12:15
marrant, depuis quelques temps, je n'arrête pas de voir dans les blogs des mentions "publipost", "sponsorisé", ou même "publicité"