2008-2009, GB / France : 6600 Afghans renvoyés contre 3 ! Pourquoi 'as usual' d'un côté et le 'tollé' de l'autre ?

Par Platinium54, il y a 140 jours

2008-2009, GB / France : 6600 Afghans renvoyés contre 3 ! Pourquoi 'as usual' d'un côté et le 'tollé' de l'autre ?

L'expulsion de trois Afghans provoque un tollé en France
21.10.09 | 16h41

PARIS (Reuters) - Trois Afghans ont été expulsés de France vers Kaboul dans la nuit de mardi à mercredi à bord d'un vol franco-britannique, une opération qui a déclenché l'indignation jusque dans les rangs de la majorité.

Le ministre de l'Immigration, Eric Besson, a justifié ces reconduites forcées par le fait que les alternatives avaient été épuisées pour ces hommes originaires de la région de Kaboul.




"La France ne peut pas être le pays le plus généreux en matière de droit d'asile et le seul à refuser les reconduites à la frontière", a-t-il déclaré devant les journalistes, dénonçant le "détournement du droit [...] Tout lire

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Par facetus - 23/10/2009 à 04:46
http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/10/22/expulsion-d-afghans-outre-manche-c-est-un-non-evenement_1257578_3214.html

Finalement, le vrai scandale, c'est le coût de ces rapatriements. En considérant que les plus petits long courriers font 220 places et qu'il y ait autant d'agents de sécurité que d'immigrants, si la France suivait l'exemple anglais et tenait ses engagements (50 immigrants prévus), le taux d'occupation du vol aurait été assez correct.

3 gars côté français, c'est ridicule. "Après les affaires Polanski et Jean Sarkozy, la France est une nouvelle fois la honte sur la scène internationale..."

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Par Orange - 25/10/2009 à 08:16
on ne peut réduire ce problème à sa dimension pécuniaire et technique. Il s'agit avant tout de drames humains, des énergies dont nous ne serions plus capables, qu'on mis en oeuvre les plus courageux pour griller leurs économies et se lancer à des milliers de km de chez eux pour finir dans des charter retour ! La France ne peut accueillir toute la misère du monde, mais elle doit savoir en prendre fidèlement sa part, disait M Rocard, et j'ajouterais, si sur le fond, tous nos pays font face aux mêmes problèmes et grosso modo appliquent les mêmes expulsions, les enjeux, débats et combats sont sur la forme ! Peut-elle être respectueuse de la dignité de ces personnes, de l'unité de leurs familles, de l'exception de l'enfant, etc ...
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Par facetus - 26/10/2009 à 10:18
Ahhh... je m'inquiétais que mon commentaire ne provoque pas plus de réactions...

"La France ne peut accueillir toute la misère du monde, mais elle doit savoir en prendre fidèlement sa part", certes mais comment déterminer les limites de sa part? En effet, si la personne n'est pas un investisseur, étudiant, ou déjà en possession d'un travail, il s'agit de s'assurer que ses compétences, expériences, éducation correspondent aux besoins de la société, au marché du travail afin d'assurer au migrant un avenir digne et en harmonie avec son pays d'accueil. Lorsque le migrant choisit de transiter illégalement, je doute que les conditions soient réunies.

Sur la forme, il est bien évident que les autorités préféreraient les renvoyer sur des vols réguliers mais de mauvaises expériences et scandales de par le passé ne permettent plus d'utiliser ce moyen.
Par ailleurs, autant dramatique que cela puisse être, la souffrance du voyage ne peut être considérée comme critère de régularisation, notamment au risque d'encourager une escalade dangereuse.
Enfin, les autorités françaises donnent 2000EUR à chaque rapatrié. Cela devrait être assez significatif pour recommencer sa vie en Afghanistan puisque cela correspond apparemment à 4,3 ans de revenus sur la base d'un PNB/habitant annuel à 700USD (source CIA).
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Par Orange - 26/10/2009 à 21:10
Tu as sa raison, Facetus, la question n'est pas nécessairement d'élargir les quotas d'accueil, sachant que le problème de pressions migratoires que nous vivons actuellement n'est probablement rien par arapport à ce qu'il sera dans les prochaines années et décennies. Donc, la question n'est pas là, à mon sens. La question est "comment" traite t'on ces personnes ? Allons-nous oublier à leir égard les valeurs que nous considérons comme fondamentales dans nos propres sociétés, uniquement parce que ce sont des gens "d'ailleurs", des valeurs de respect de leur dignité, de celle de l'indissociabilité du noyau familial, tout ce que nous appellons les 'droits de l'homme'. Sinon, nos sociétés vont replonger la barbarie que nous avons connu il y a un peu plus d'un siècle. Je trouvais dans ton approche technocratiquement financière que tu perdais de vue l'un des enjeux majeurs de ce drame. Parce c'est avant tout un drame. Celui d'une part de l'humanité qui n'arrive pas à vivre chez elle.
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Par Trx314 - 26/10/2009 à 22:07
bien parlé Orange !
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Par facetus - 27/10/2009 à 04:01
Oui Orange, je suis d'accord et cela rejoint un avis qu'il faudrait que je développe dans un autre commentaire: nous allons finir comme sur l'île de Pâques ou comme dans le film Soleil Vert!!!
Parce que nous nous enfonçons dans une crise extrêmement grave, nous ne pouvons pas nous laisser aller à nos seuls sentiments et une approche ordonnée est aussi nécessaire sur le plan macro.
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Par pierre - 26/10/2009 à 18:43
analyser le PIB Afghan, compter les places dans un avion, décortiquer le coût des rapatriements le cul dans son fauteuil avec le chauffage réglé sur 21 c'est tellement ridicule compte tenu de la situation de ces gens que c'est ce genre de réaction qui est la honte de la France.

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Par facetus - 27/10/2009 à 03:33
Mon premier commentaire était volontairement provocateur.
Personne ne contredira que c'est terriblement dramatique.

Pour relativiser un peu, seulement l'Iran et la Turquie partagent l'Afghanistan de l'Europe. Il est autrement plus difficile pour un chinois d'émigrer aux Etats-Unis ou en Europe que pour un afghan de venir en France.
Par ailleurs, il y a déjà 3 millions d'afghans ou plus de 10% de la population qui vit à l'étranger, surtout dans les pays limitrophes. Devant la taille de ces flux migratoires, les risques, déséquilibres et problèmes (individuels et de société) que cela engendre, on ne peut pas avoir une approche seulement émotionnelle. Il s'agit de gérer tout cela aussi avec une approche pragmatique, si possible en amont, sinon c'est l'anarchie.
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Par pierre - 27/10/2009 à 13:29
une approche pragmatique !!! depuis votre lit (03:33), pas dans un fauteuil comme ecrit par erreur dans mon dernier commentaire. Ceux dont vous parlez sont sous des tentes sans eau ni électricité et vivent comme des animeaux. Evoquer des montants en € et des % pour parler d'êtres humains c'est effectivement du pragmatisme et surtout pas de l'émotion !
Pour info l'anarchie ce n'est pas le bordel....... c'est un idéal qui revendique de vivre sans Dieu ni Maître et enfin juste une précision pour que vous y réfléchissiez l'anarchie "c'est l'ordre sans le pouvoir".

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Par facetus - 28/10/2009 à 10:42
Pour venir en Europe, parfois dans des conditions ruineuses et scandaleuses, pour finalement aboutir à vivre dans des conditions déplorables, pires que dans leurs pays d'origine, on peut légitimement se demander si ces personnes étaient bien renseignées sur l'eldorado qu'elles souhaitaient atteindre. C'était-il du "on dit que...", "j'ai le cousin d'un cousin là bas...", etc. Qu'en connaissaient-elles vraiment de l'organisation de la société, des possibilités du marché du travail, du niveau de vie et mêmes des moeurs et coutumes. Je peux imaginer qu'un pachtoune venant d'un village isolé pourrait avoir de nombreuses raisons d'être choqué et déçu de l'individualisme qui règne dans les grandes villes occidentales.
La dimension psychologique est tout à fait dramatique. Par exemple, les immigrants ont leur fierté à défendre même s'ils vivent dans de mauvaises conditions: lorsqu'on a quasiment tout perdu pour migrer, il est difficile d'admettre que l'on se soit trompé et surtout à ses proches qui sont restés au pays. Cela entretient et encourage donc le colportage de mythes de contrées lointaines idylliques et invite à l'exil. Le renvoi de 3 migrants dans leur pays est un symbole qui a pour but de briser ces mythes.

S'agissant d'une société sans pouvoir. L'être humain est un animal social (dans le sens où il ne peux pas vivre et être humain sans la société) et le pouvoir est une dimension inéliminable de la vie sociale. En revanche, l’Etat n’est pas universel, mais même les sociétés sans Etat comportent des relations de pouvoir (des hommes sur les femmes, des adultes sur les jeunes, etc.) Toutes les sociétés sont marquées par une forme ou une autre de pouvoir politique. Dans les sociétés développées de multiples formes de pouvoir s’articulent et l’idée d’une société sans pouvoir, c’est-à-dire où toutes les interactions seraient strictement symétriques est très largement illusoire. De même, les conditions d’existence de sociétés sans Etat (mais non sans pouvoir politique) sont très restrictives et l’existence de l’Etat apparaît comme un horizon indépassable de la modernité. Enfin, seul le pouvoir arrête le pouvoir. D’où les idées de la séparation des pouvoirs et l’idée d’Etat de droit qui visent à limiter les possibilités d’arbitraire.

Sur ces belles paroles, je vais siroter un campary orange sur mon transat... ahhh.
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Par Solal - 27/10/2009 à 21:33
On est plus attachés aux symboles en France il semble !

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Par Orange - 30/10/2009 à 09:56
Puisqu'il est, comme toujours, très difficile ou même quasi impossible de débattre de ce type de sujet sans caricaturer les positions adverses, dans ce cas, d'un côté les 'romantiques' = sensiblerie, utopie, inefficacité, irresponsabilité, etc, et de l'autre les 'pragmatiques' = inhumanité, technocratie, fascisme, etc, alors, posons de manière très concrète un exemple de 'différence' entre deux politiques sur ce sujet du traitement de l'immigration clandestine :

1. le fond : les deux parties font le même constat et s'accordent sur la même contrainte, à savoir qu'il faut traiter l'excès de flux migratoires, tous sont d'accord !

2. la forme A : l'on traite le quotidien en donnant aux exécutants (préfets, forces de l'ordre, parquet, organismes de gestion des demandes d'asile, ...) des directives de fermeté mais de respect de règles, en ce qui concerne l'étude réelle des dossiers, les modalités de rétention administrative, les particularités concernant l'union des familles, les enfants seuls, en recherchant le soutien d'organismes d'accompagnement comme la Cimade, et en ce qui concerne le long terme, l'on fait des efforts pour traiter les problèmes 'en amont', dans une politique de partenariat au développement dans les pays d'origine. Cet ensemble s'inscrivant dans un débat national 'raisonnable' à la recherche d'un consensus sur l'engagement de moyens proportionnels aux enjeux, tant pour la gestion du court terme que du long terme.

3. la forme B : l'on traite le quotidien en donnant aux exécutants (préfets, forces de l'ordre, parquet, organismes de gestion des demandes d'asile, ...) des directives d'objectifs à atteindre, de quotas annuels artificiels, avec des sanctions en cas de non obtention de ces résultats, des gratifications / primes aux résultats, l'on cherche à couper ces populations des organismes d'accompagnement comme la Cimade et en ce qui concerne le long terme l'on limite les efforts de traitement des problèmes 'en amont' par des accords de quotas de 'récupération' des flux que l'on renvoie. Cet ensemble s'inscrivant à des fins politiciennes dans l'exacerbation des sentiments de frustration identitaire d'une frange de la population, avec comme principale conséquence une tension permanente entretenue à dessein et avec le paradoxe que les fréquents débordements d'inhumanité, inévitables compte tenu des volumes exigés, servent l'objectif politicien comme une preuve de fermeté !


Objectivement, les deux formes traitent grosso modo les mêmes volumes (cf nombre d'exemples dans d'autres pays) et l'objection majeure des tenants de la forme B vis à vis de ceux de la forme A : laxisme, n'est pas raisonnable. Financièrement, peut-être que la forme A est plus couteuse, en particulier en ce qui concerne le traitement long terme, mais elle seule représente un investissement sur l'avenir.

Voilà, à mon sens, comment les deux options peuvent être rapidement posées contradictoirement. A+

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Par facetus - 31/10/2009 à 04:45
La différence essentielle des formes A et B est le système de quotas auquel je ne suis pas favorable.
Je pense en effet que les qualités de chaque migrant (qui ne serait pas déjà un investisseur, étudiant ou travailleur) doivent être analysées, vérifiées et considérées dans le cadre des besoins et possibilités du pays d'accueil.

Les opinions sont à mon avis divisées d'une façon beaucoup plus radicale:
- Les "tout est possible" exprimé dans les idéaux de contre-société des communistes et anti-société des anarchistes. Chacun doit pouvoir librement résider où il veut, quand il veut, dans une société sans loi ni pouvoir, l'expulsion n'existe pas, l'émancipation est totale.
- Ceux qui considèrent que des lois et organisations sont nécessaires pour gérer la société. Ainsi les migrations humaines doivent être gérées sur le plan individuel et social. Le rapatriement est une possibilité si le migrant n'a pas les qualités requises pour vivre dans le pays d'accueil.

Enfin, concernant le début du commentaire d'Orange: être pragmatique, c'est considérer la valeur concrète des choses, la pratique. C'est donc avant tout être réaliste et chercher des solutions réalistes.
L'assimilation à un caractère inhumain ou fasciste est absolument grossière.

Je considère certaines idées utopistes intéressantes mais essentiellement dans une approche ironique, de satire, interrogation, et appréhension à l'égard du futur.
En revanche, je suis très méfiant des utopistes révolutionnaires, qui induisent une violence révolutionnaire se justifiant par la suppression des violences futures. Comme l'histoire le démontre, ces utopies ont mené aux plus grands massacres de l'humanité.
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Par Orange - 03/11/2009 à 20:28
Désolé si tu t'es senti agressé par ces exemples de définitions que je présentais DANS LES DEUX CAS comme justement des caricatures. Quant à cette question sur les utopies, tu as raison, elles ont été le creuset de tous les extrêmes, d'un Hitler à un Pol Pot, etc;

Pour que les exemples que je donnais soient bien clairs, ce dont je parle, c'est tout simplement d'une gestion 'raisonnable' de ce sujet, et ceci n'est ni de gauche, ni de droite, etc.

Je vais donner un exemple concret que j'ai en mémoire : les évènements de Nouvelle Calédonie en 1988 : soulèvements, tensions, bras de fer, exploitation politicienne par un Pasqua ministre de l'Intérieur pour favoriser l'élection de Chirac, jusqu'au triste épisode le grotte d'Ouvea. Derrière, un Rocard Premier ministre qui entame un processus de raison par le dialogue qui aboutit à un nouvel équilibre. Deux attitudes. Sur le dossier de la gestion de l'immigration, N Sarkozy a, actuellement une attitude d'exploitation politicienne du dossier (conforter son OPA sur l'électorat - +- 10% - de Le Pen) et ceci, au détriment d'une gestion "équilibrée" et raisonnable du sujet. Je ne dis rien d'autre.