Faut-il bannir les Credit Default Swaps?

Par facetus, il y a 583 jours

Explication résumée des CDS (source wiki):
Les dérivés sur événement de crédit ou en anglais Credit Default Swaps (CDS) sont des contrats financiers de protection, entre acheteurs et vendeurs. L'acheteur de protection verse une prime ex ante annuelle calculée sur le montant notionnel de l'actif (souvent dit de référence ou sous-jacent), au vendeur de protection qui promet de compenser ex-post les pertes de l'actif de référence en cas d'événement de crédit précisé dans le contrat. C'est donc, sur le plan des flux financiers, comme un contrat d'assurance.
Il s'agit d'une transaction non-financée : sans obligation de mettre de côté des fonds pour garantir la transaction, le vendeur de protection reçoit des primes périodiques et augmente ses avoirs sans nul investissement en capital si aucun événement de crédit n'a lieu jusqu'à maturité du contrat. Dans le cas contraire, événement plus ou moins probable mais très coûteux, il est contraint de faire un paiement contingent, donc de fournir des fonds ex post. Il s'agit donc d'une exposition hors-bilan.

Contexte dans la crise financière:
Les CDS sont considérés comme une des causes de la chute, le 15 septembre 2008, de American International Group (AIG), et une des sources de la diffusion incontrôlée des risques de crédit. Le marché des CDS est passé de 6,396 milliards de dollars américains à fin 2004 à 57,894 milliards à fin 2007, prenant le caractère d'une bulle financière. La banque Lehman Brothers était le premier acteur sur ce marché jusqu'à sa faillite. Les CDS, travaillés hors bilan et hors bourse, permettaient de contourner toutes les règles prudentielles. L'accès au CDS n'est pas contrôlé par les pouvoirs publics. Largement vus comme une des grandes sources de la crise financière la plus grave depuis 1929, les CDS sont dans le collimateur de ceux qui veulent affermir les réglementations et resserrer le contrôle des activités bancaires.


Dans ce contexte, David Einhorn, un hedge fund manager renommé, fondateur de Greenlight Capital, pourtant précurseur dans l'usage des CDS, remet actuellement en cause le bien fondé de l'existence des CDS, résumé en trois points (source FT):

1) Les CDS sont anti-sociaux car les investisseurs possédant des CDS poussent les entreprises sous-jacentes à faire faillite au lieu de rechercher un plan de restructuration, et cela afin de toucher les indemnités d'assurance que constituent le CDS. Par exemple, très récemment, si Goldman Sachs et autres institutions n'avaient pas de larges positions en CDS sur CIT, il est probable que ce dernier n'aurait pas fait faillite.

2) Les vendeurs de CDS ne couvrent pas leurs positions ce qui rajoute un risque systémique dans la mesure ou l'émetteur de cette assurance pourrait avoir sa note financière dégradée (au mieux) ou tomber lui même en faillite pour payer les compensations du CDS (au pire). Au résultat, on double donc le risque. Cette possibilité a été démontrée avec AIG, qui avait vendu 440 milliards de dollars de CDS, sans aucune couverture, ce qui l'a mené à sa faillite et nécessité une intervention extrêmement coûteuse et sans précédent du gouvernement américain.

3) La solution proposée de gérer les CDS dans des chambres de compensations (comme les autre titres normalement réglementés), ne résout pas les problèmes car il est très difficile de déterminer correctement la couverture nécessaire et le vendeur de CDS ne couvrira jamais suffisamment sa position.

Dans le contexte actuel des timides réformes des régulations financières, l'interdiction des CDS ne devrait malheureusement être qu'un voeux pieux.

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Par Solal - 08/11/2009 à 22:55
Outres les CDS, il faudrait probablement bannir les ventes à découvert ("Short selling"), où un agent de marché emprunte un titre pour le vendre derrière, sans véritablement le posséder. Les transactions de short, comme les CDS, peuvent exacerber des mouvements volatiles dans le marché. En effet c'est comme si, dans un cas comme dans l'autre, on augmentait le nombre de personnes pouvant effectuer des opérations sur un actif (action ou obligation) de manière illimitée, au-delà des personnes réellement en possession de cet actif.
Des achats/ventes "en chaîne" peuvent s'ensuivre, comme on l'a vu dans le "rachat" de shorts sur les actions Volkswagen l'année dernière.
De la même manière dans leur "receherche de rendement" beaucoup d'investisseurs s'étaient positionnés sur des produits dérivés de crédit (type CDS ou produits de corrélation de crédit), entraînant la baisse du coût "d'assurance" contre le défaut (le prix des CDS)jusqu'à des niveaux ridicules, les investisseurs compensant la baisse de rendement par un prise de risque avec leviers importants, qui fut un des facteurs de la crise de l'année dernière...

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Par facetus - 09/11/2009 à 01:55
Tout à fait d'accord pour bannir la vente à découvert!
D'ailleurs, au pire de la crise, toutes les places financières l'ont d'une certaine manière appliqué. Ils devraient pérenniser cette interdiction.
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Par Trx314 - 09/11/2009 à 09:56
Je pense que l'on devrait interdire les cons plutôt qu'interdire certaines catégories d'instruments.

C'est dommage qu'à cause du comportement immature, irresponsable et souvent irréfléchi de certains, on interdise à d'autres de disposer d'outils et innovations qui peuvent tout à fait avoir leur utilité.

Quand je dis "interdire les cons", c'est un peu provocateur, mais à mon avis il faudrait non pas interdire ces instruments, mais interdire leur utilisation à des gens s'ils n'ont pas une accréditation particulière. On pourrait imaginer des sortes de "permis de levier", "permis de titriser", "permis de shorter", etc. qui ne seraient accordés que dans certaines conditions. Par exemple il serait interdit d'utiliser ce type de produit si on a un bonus qui dépend directement des résultats, si on n'a pas un minimum d'expérience du secteur sous-jacent, ou si on n'a pas un plan bien concret de couverture qui justifie leur utilisation.

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Par facetus - 10/11/2009 à 09:28
"Vaste programme" comme dirait de Gaulle...
Avatar de avapoam
Par avapoam - 10/11/2009 à 11:32
Par définition DEFAULT est à bannir pour les esprits sains....surtout pour un CREDIT

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Par Gael - 12/11/2009 à 21:49
En partie d'accord avec Trx314, pas interdire, ni supprimer, mais réglementer. A mon avis ce ne sont pas les gens qui sont devenus fous ou qui ont fait n'importe quoi, c'est juste le législateur qui n'a pas réagi assez rapidement, quoi de plus naturel que de s'engouffrer dans un bon filon ! Repartons sur des bases plus saines en conservant les instruments.

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Par facetus - 07/03/2010 à 13:39
La crise grecque démontre qu'il faut interdire les CDS ou au moins interdire l'achat de CDS si l'on ne possède pas le sous-jacent en obligations.

Comme beaucoup de médias l'ont répété: acheter un CDS aujourd'hui c'est comme prendre une assurance incendie sur la maison du voisin et ainsi espérer un tel sinistre...

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Par facetus - 11/03/2010 à 15:45
Il fallait malheureusement une autre catastrophe pour espérer voir les choses bouger dans le bon sens.

Sarkozy, Merkel, Junker pour interdire la spéculation sur les produits dérivés

http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=781f31cb21096a1fdc27066a95f23535

Le président français Nicolas Sarkozy, la chancelière allemande Angela Merkel et le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker ont demandé jeudi une enquête de l'UE sur les produits financiers dérivés et souhaité l'interdiction des "transactions spéculatives" les concernant.
Dans un courrier en date du 10 mars, rendu public jeudi par l'Elysée, les trois dirigeants ainsi que le Premier ministre grec, Georges Papandréou, ont proposé que la Commission européenne "diligente le plus rapidement possible une enquête déterminant le rôle et l'impact de la spéculation sur CDS (credit default swaps, contrats d'échange sur les risques de défaut) sur les obligations des Etats européens".
Des spéculations sur ces CDS sont montrées du doigt dans la crise financière que traverse actuellement la Grèce, fortement endettée.
Ces "credit default swaps" permettent à des détenteurs de titres de dette de se prémunir contre le défaut de paiement de l'émetteur. Ils font l'objet d'un énorme marché, fortement spéculatif et déconnecté de la possession des titres qu'ils sont censés couvrir.
"Si cette enquête venait à révéler des abus de marchés ou qu'elle mette en évidence que la spéculation a un impact considérable sur les taux d'intérêts, nous devrons examiner rapidement des mesures et le cas échéant, adopter les textes législatifs ou réglementaires nécessaires pour y mettre fin", ajoutent Mme Merkel et MM. Sarkozy, Junker et Papandréou.

Le président français Nicolas Sarkozy, le 11 mars 2010 à Paris
© AFP Philippe Wojazer
Parmi ces mesures, ils préconisent "l'interdiction des transactions spéculatives sur les CDS", ainsi que l'imposition d'une "période minimale de détention des CDS" et "l'interdiction de l'achat de CDS qui ne sont pas utilisés à des fins de couverture".
Le courrier des quatre dirigeants est adressé au président de la Commission européenne José Manuel Barroso et au président en exercice de l'UE, le chef du gouvernement espagnol José Luis Zapatero.
Nicolas Sarkozy et Georges Papandréou avaient annoncé dimanche soir, lors d'une conférence de presse commune à l'Elysée, l'adoption de "mesures précises" de lutte contre la spéculation en liaison avec Mme Merkel et M. Juncker.
Dans leur courrier en date de mercredi, les quatre dirigeants européens recommandent également d'"intensifier les initiatives européennes en faveur d'une plus grande transparence du marché des produits dérivés".

Le Premier ministre grec George Papandréou, le 9 mars 2010 à Washington, DC
© AFP/Archives Saul Loeb
Ils souhaitent ainsi que les autorités de régulation aient "accès aux informations sur la négociation et les portefeuilles de produits dérivés y compris les CDS, au travers d'un enregistrement obligatoire de tous les dérivés de gré à gré auprès de bases de données centrales situées en Europe".
Pour "améliorer la sécurité des marchés de produits dérivés de gré à gré", le président français, la chancelière allemande et les Premiers ministres luxembourgeois et grec demandent enfin que "tous les produits dérivés éligibles soient négociés sur des marchés réglementés ou sur des plate-formes électroniques et compensés par des chambres de compensations centrales".
"Nous soutenons fortement la localisation de chambres de compensation européennes en zone euro pour renforcer l'intégrité et la stabilité du système financier européen", précisent-ils.

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Par facetus - 02/04/2010 à 23:19
EC to introduce tougher rules on speculative trades, commissioner claims

18 March 2010

The European Commission (EC) has pledged to implement more legislation on credit default swaps (CDS) as part of regulatory reform for the financial services industry.

Michel Barnier

According to the body, wide-ranging reforms could cover hedge funds, CDS and private equity as part of a strategy to increase confidence within the sector.

Michel Barnier, EU internal markets commissioner, was quoted by iMarketnews.com, as saying that he hopes for a “good agreement” with the US and other nations on new regulations for ‘alternative investments’.

"80 per cent of these (instruments) are exempt from regulation ... we need to invert those percentages,” he explained.

New proposals from the EC could be unveiled as soon as June, reports have claimed.

The use of CDS has come under recent scrutiny by governments and financial regulators following their role in Greece’s economic crisis.

Investment banks including Goldman Sachs are alleged to have used CDS to massage Greece’s debt figures.

However, while governments have claimed that greater regulation of these derivatives is required, both the US and the UK have questioned the worth of an outright ban on the trades.

http://www.bobsguide.com//guide/news/2010/Mar/18/EC_to_introduce_tougher_rules_on_speculative_trades,_commissioner_claims.html

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Par facetus - 02/06/2010 à 17:21
Moody's : trois anciens analystes critiquent le système de notation

http://www.boursier.com/vals/US/moody-s-trois-anciens-analystes-critiquent-le-systeme-de-notation-news-386151.htm

(Boursier.com) -- Trois anciens analystes de Moody's qui doivent témoigner devant la Commission d'enquête de la crise financière expliquent dans des notes préparées avoir subi des pressions de leurs patrons, obsédés par leur part de marché, pour attribuer des notes élevées aux produits de dette à risque. Les trois anciens salariés de Moody's décrivent notamment une atmosphère d'intimidation et de crainte. A contrario, le directeur exécutif actuel de la société tente de défendre le modèle d'affaires de l'agence de notation. < /p > < p > Nommé par le Congrès pour découvrir les origines de la crise financière de 2008, le comité se penche sur le rôle des notes de crédit et cherche à comprendre comment les investisseurs les utilisent. Moody's, Standard & Poor's et Fitch font l'objet de lourdes critiques pour avoir alimenté la crise par des notations trop élevées pendant trop longtemps, et pour les avoir ensuite déclassées trop rapidement. < /p > < p > Dans ses commentaires préparés, l'ancien vice-président de l'unité de dérivés, Mark Froeba explique que les contraintes du management pour accroître les parts de marché indiquaient clairement que les banquiers d'investissement qui contrôlaient les analystes, encourageaient ces derniers à attribuer une note élevée à une dette qui méritait "le pire". "Essentiellement, ils ont utilisé l'intimidation pour créer une population "docile" d'analystes afin d'incommoder les banquiers d'investissement et être prêts à coopérer à la mesure du possible", détaille Froeba, qui a quitté Moody's en 2007. < /p > < p > De son côté, Eric Kolchinski, ancien directeur général en charge de la notation de titres hypothécaires subprime de Moody's Investors Service explique qu'il n'avait pas assez de ressources pour examiner adéquatement les titres hypothécaires complexes qui sont au coeur de la crise du crédit. "Malgré le nombre croissant de transactions et leur complexité croissante, notre groupe n'a pas bénéficié de ressources suffisantes". "Mes propres tentatives pour rester au top du marché de plus en plus troublé ont été houspillées par mon manager. Elle m'a dit que je passais trop de temps à lire de la recherche". Enfin, McDaniel défend le modèle actuellement en place, qui fait que les émetteurs paient pour être notés. Le directeur général ajoute que les agences de notation ne sont pas des "gardiens" et ne peuvent pas empêcher l'achat ou la vente de titres émis. "Les marchés peuvent et doivent grandir sans notation", précise McDaniel qui cite les CDS comme exemple.