Albert Camus devrait-il être transféré au Panthéon?
Nicolas Sarkozy souhaite transférer les restes d'Albert Camus, décédé il y a cinquante ans, au Panthéon début 2010, mais il se heurte pour l'instant au refus du fils de l'écrivain, Jean Camus. Selon son entourage, Jean Camus estimerait qu'une telle décision serait un "contresens" sur la vie de l'auteur de l'Homme révolté. Il craindrait une "récupération" de son père par le chef de l'Etat, poursuit cette source. De son côté, sa soeur, Catherine Camus, ne s'est pas clairement prononcée pour ou contre le transfert de son père au Panthéon.
Indépendamment de l'initiative de NS, pensez-vous qu'Albert Camus devrait être transféré au Panthéon?
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Trx314 - 23/11/2009 à 09:56
Qu'on le laisse tranquille !
Par
Solal - 23/11/2009 à 21:02
Albert Camus est enterré en Provence à Lourmarin, où cet enfant élevé dans la pauvreté et l’humilité avait acquis une maison. Il repose dans le cimetière du village sous une tombe toute simple, couverte de laurier et de romarin.
Camus aurait probablement souhaité être enterré à Djemila s'il s'était intérieurement réconcilié avec sa terre natale algérienne, où jeune adulte il avait écrit Noces. Dans Noces et l'Eté il décrit le rapport intime qu'il avait eu avec l'Algérie, sa nature sauvage qu'il sentait révéler sa condition d'homme.
Le vent à Djémila:
"Bientôt, répandu aux quatre coins du monde, oublieux, oublié de moi-même, je suis ce vent et dans le vent, ces colonnes et cet arc, ces dalles qui sentent chaud et ces montagnes pâles autour de la ville déserte. Et jamais je n'ai senti, si avant, à la fois mon détachement de moi-même et ma présence au monde."
Nous sommes loin du Panthéon, des civilisations de sous-officiers, des empires, de manière peut-être visionnaire Camus écrivait d'ailleurs, toujours dans Noces:
"Oui, c'est vrai. Des hommes et des sociétés se sont succédé là; des conquérants ont marqué ce pays avec leur civilisation de sous-officiers. Ils se faisaient une idée basse et ridicule de la grandeur et mesuraient celle de leur Empire à la surface qu'il couvrait. Le miracle, c'est que les ruines de leur civilisation soient la négation même de leur idéal. Car cette ville squelette, vue de si haut dans le soir finissant et dans les vols blancs des pigeons autour de l'arc de triomphe, n'inscrivait pas sur le ciel les signes de la conquête et de l'ambition. Le monde finit toujours par vaincre l'histoire. Ce grand cri de pierre que Djémila jette entre les montagnes, le ciel et le silence, j'en sais bien la poésie : lucidité, indifférence, les vrais signes du désespoir ou de la beauté. Le coeur se serre devant cette grandeur que nous quittons déjà. Djémila reste derrière nous avec l'eau triste de son ciel, un chant d'oiseau qui vient de l'autre côté du plateau, de soudains et brefs ruissellements de chèvres sur les flancs des collines et, dans le crépuscule détendu et sonore, le visage vivant d'un dieu à cornes au fronton d'un autel."
Camus aurait probablement souhaité être enterré à Djemila s'il s'était intérieurement réconcilié avec sa terre natale algérienne, où jeune adulte il avait écrit Noces. Dans Noces et l'Eté il décrit le rapport intime qu'il avait eu avec l'Algérie, sa nature sauvage qu'il sentait révéler sa condition d'homme.
Le vent à Djémila:
"Bientôt, répandu aux quatre coins du monde, oublieux, oublié de moi-même, je suis ce vent et dans le vent, ces colonnes et cet arc, ces dalles qui sentent chaud et ces montagnes pâles autour de la ville déserte. Et jamais je n'ai senti, si avant, à la fois mon détachement de moi-même et ma présence au monde."
Nous sommes loin du Panthéon, des civilisations de sous-officiers, des empires, de manière peut-être visionnaire Camus écrivait d'ailleurs, toujours dans Noces:
"Oui, c'est vrai. Des hommes et des sociétés se sont succédé là; des conquérants ont marqué ce pays avec leur civilisation de sous-officiers. Ils se faisaient une idée basse et ridicule de la grandeur et mesuraient celle de leur Empire à la surface qu'il couvrait. Le miracle, c'est que les ruines de leur civilisation soient la négation même de leur idéal. Car cette ville squelette, vue de si haut dans le soir finissant et dans les vols blancs des pigeons autour de l'arc de triomphe, n'inscrivait pas sur le ciel les signes de la conquête et de l'ambition. Le monde finit toujours par vaincre l'histoire. Ce grand cri de pierre que Djémila jette entre les montagnes, le ciel et le silence, j'en sais bien la poésie : lucidité, indifférence, les vrais signes du désespoir ou de la beauté. Le coeur se serre devant cette grandeur que nous quittons déjà. Djémila reste derrière nous avec l'eau triste de son ciel, un chant d'oiseau qui vient de l'autre côté du plateau, de soudains et brefs ruissellements de chèvres sur les flancs des collines et, dans le crépuscule détendu et sonore, le visage vivant d'un dieu à cornes au fronton d'un autel."
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Oxymore - 24/11/2009 à 00:08
Oui...ce serait trahir Camus de l'y enterrer...au Panthéon ! Mais, je crois qu'il y en a d'autres qui ont pu se sentir trahi a y être déposés ...leur destin leur échappe..mais la France (et non Sarko) a raison de reconnaître des grands hommes aimant les chemins tout sauf battus...
Peut-être...serait-ce la le dernier dépouillement de Camus : délivrer un message universel ?
La vrai question est : A quoi sert le Panthéon ?
hypothèse A: ...a se rappeler qui y a mis quel grand personnage ? Cela ne m'intéresse pas.
hypothese B: ...a expliquer aux générations a venir ce qu'ont fait ou dit ces grands hommes ?
enfin répondre après Camus en personne...ce n'est pas évident !
Peut-être...serait-ce la le dernier dépouillement de Camus : délivrer un message universel ?
La vrai question est : A quoi sert le Panthéon ?
hypothèse A: ...a se rappeler qui y a mis quel grand personnage ? Cela ne m'intéresse pas.
hypothese B: ...a expliquer aux générations a venir ce qu'ont fait ou dit ces grands hommes ?
enfin répondre après Camus en personne...ce n'est pas évident !
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Gael - 26/11/2009 à 22:02
Un excellent article de Michel Onfray sur Le Monde. Belle comparaison entre la politique Sarko et l'idéologie Camusienne :
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/11/24/monsieur-le-president-devenez-camusien-par-michel-onfray_1271343_3232.html
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/11/24/monsieur-le-president-devenez-camusien-par-michel-onfray_1271343_3232.html
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