Minarets Suisses et Burqa Française, même parano populiste ?

Par Platinium54, il y a 795 jours

Minarets Suisses et Burqa Française, même parano populiste ?

En interdisant par référendum à 57,5 % la construction de nouveaux minarets dans un pays qui n'en compte que quatre, les Suisses en envoyé un message sans ambigüités aux musulmans de leur pays et au monde arabe en général. D'abord à travers une campagne populiste où les anti-minarets ont proclamé qu'interdire ces " symboles et glaives de l'islamisation politique ", c'était " opposer un refus sans équivoque à l'islamisation de la Suisse ", bien sûr... " à titre préventif ". Car la Suisse, avec 7,5 millions d'habitants, compte 400 000 musulmans (dont quelque 50 000 pratiquants), une communauté en majorité bien intégrée et principalement originaire des Balkans et de Turquie.

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Par Trx314 - 01/12/2009 à 09:53
Le populisme en Suisse gagne du terrain depuis Blocher et la dynamique provocatrice et manipulatrice qu'il a insufflée à l'UDC. A se demander si le principe de démocratie directe ne mériterait pas une petite révision afin d'éviter ce genre de dérive.

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Par facetus - 03/12/2009 à 07:26
J'hallucine... et pourquoi pas aussi modifier les règles de scrutin à chaque fois que l'opposition est en passe de gagner?

Quelle dérive? Les suisses seraient alors naïvement manipulés? Quel fantasme! Chaque pays a les politiciens qu'il mérite et cela d'autant plus en démocratie. L'UDC représente l'opinion actuelle depuis un certain temps et les suisses sont tout à fait libres de changer de gouvernement à chaque élection. De par cette tradition participative, les suisses ont justement une maturité politique bien supérieure aux autres.
La Suisse a une organisation politique idéale, la plus démocratique au monde, que je souhaite que bien d'autres pays adoptent. Cela résoudrait de nombreux problèmes (bureaucratie parlementaire, lobbying, promesses électorales non tenues, lenteur des réformes, participation électorale, corruption, conflits d'intérêts, etc.)

Si les citoyens ne sont pas aptes à décider de leur avenir, l'alternative c'est quoi? La dictature éclairée?
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Par Trx314 - 03/12/2009 à 08:58
@facetus : voir ma réponse plus bas, en réaction à un de tes 3 commentaires simultanés
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Par facetus - 03/12/2009 à 14:21
J'avais lu, ma réaction n'était pas spontanée.

Ton commentaire me fait penser à Cohn Bendit qui dit que les suisses doivent revoter.
Et en 2007, les français auraient du revoter jusqu'à ce que Royal soit élue, aussi? Trop drôle la version de la démocratie à gauche...
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Par Trx314 - 03/12/2009 à 16:00
Je n'ai pas parlé de revoter, mais d'améliorer le processus conduisant à des dérives de ce type. Par exemple en durcissant les conditions conduisant à permettre une votation.

Pour ce qui est de revoter, il n'y a pas que la gauche, je te ferais remarquer que Sarkozy a poussé pour que l'Irlande revote le dernier referendum sur l'Europe.
C'est marrant d'ailleurs de voir qu'ils avaient voté non quand tout allait bien pour eux (on n'a plus besoin de l'Europe, on ne va pas en plus verser de l'argent pour les autres), puis se sont ravisés quand après que les effets de la crise se soient fait sentir...
Comme quoi la voix de la majorité n'est pas toujours la plus sage...

Concernant l'impact de cette histoire de minarets sur la gauche française, voir cette analyse plutôt intelligente je trouve, et qui démontre l'embarras de la gauche compte tenu de leur volonté d'avoir une démocratie plus directe en France :
http://betapolitique.fr/Minarets-suisses-lecons-francaises-43286.html
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Par facetus - 03/12/2009 à 21:04
Quelle dérive? Que le résultat ne te convienne pas?
Ou faudrait-il modifier les règles de scrutin à chaque fois que l'opposition est en passe de gagner?
Que tous les sujets de société puissent être concernés dans ces référendum est justement souhaitable.

La 2e moitié de l'article de Beta Politique est complètement délirante.
Ces référendum populaires ne sont pas l'exclusivité de la droite car rien n'empêche la gauche de récolter les 100'000 signatures (1.3% de la population suisse, c'est significatif pour une initiative) afin de légiférer sur les sujets qui lui sont à coeur.

Ces référendum peuvent de toutes façons être revotés dans quelques années et l'on verra bien si l'opinion a changé (comme pour l'adhésion à l'ONU). En attendant, on ne peut que respecter le choix démocratique actuel.
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Par Trx314 - 03/12/2009 à 21:35
Soit tu n'as rien compris à l'article, soit tu es de très mauvaise foi : le faire de faire une votation en Suisse ou un référendum en France n'est bien sur pas réservé à la droite ! et bien sur que la gauche pourrait en faire autant !

Il se trouve que la période que nous traversons est plus propice à un populisme de droite / d'extrême-droite, et que des manipulateurs comme Blocher en profitent bien.

C'est le moyen que je critique et non la fin (même si je ne partage pas le point de vue...).
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Par facetus - 04/12/2009 à 03:39
Oui c'est populiste dans le sens où cet avis suisse est partagé par une majorité d'européens (le peuple vs les élites de la gauche caviarde) et cela est antérieur et donc pas corrélé à la crise financière.

Encore une fois, je redonne l'exemple de la Hollande, pays de la laïcité et des tolérances, qui a conduit une politique d'ouverture incontrôlée aboutissant à une islamisation de la société. Il y a actuellement pour 800'000 musulmans, 400 mosquées et une centaine de minarets en Hollande, souvent construit durant les 10 dernières années donc les choses peuvent aller très vite.

Dans un environnement de non-discrimination (souhaitable dans l'absolu), tous les traitements spéciaux (notamment séparation des sexes dans les lieux public comme cafés, piscines publiques, théâtre municipal, etc.), le non respect du Droit, le radicalisme et le fondamentalisme se justifient dans l'Islam.
L'islam n'est pas compatible avec les valeurs occidentales de libéralisme, tolérance, et émancipation. La sacralisation du droit à la différence détruit la société quand un des éléments de la différence n’accepte ni le droit ni la différence.
Limiter voire interdire la construction de nouveaux minarets est donc un symbole fort contre l'islamisation de la société. Les suisses ont donc fait une votation qui se justifie et que bien des européens envient.
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Par Trx314 - 04/12/2009 à 09:26
J'ai tendance à penser qu'il vaut bien mieux assimiler que rejeter.

Avec des "symboles forts" de ce type, on ne fait qu'ajouter un degré de tension dans la relation déjà bien compliquée Islam/Occident.

On donne un argument de plus aux islamistes radicaux dans leur démonstration d'un occident rejetant l'islam. On ne fait qu'isoler un peu plus les jeunes musulmans de banlieue en leur donnant un prétexte supplémentaire de haine contre "les bons citoyens".

Bref, on réagit exactement comme les groupuscule islamistes rêvent qu'on réagisse : on joue le jeu de la guerre.
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Par facetus - 04/12/2009 à 11:34
Bien sûr que dans une situation idéale, il vaut mieux assimiler que rejeter. Mais toutes les politiques d'assimilation ont été des échecs et ceux qui ont donné le plus aux islamistes comme les hollandais se retrouvent avec des requêtes toujours plus exigeantes et complètement déraisonnables dans une société occidentale.

Depuis Khomeiny, l'islam s'est radicalisé de façon croissante à travers le monde et à ce jour il n'y a eu aucune régression. Sous prétexte de revendications identitaires ou de ferveur/probité religieuse, les plus radicaux dominent toujours les plus modérés.

On ne peut pas assimiler une religion qui ne tolère pas le droit et la différence.

Pourquoi n'y a-t-il aucun problème avec les bouddhistes, indhouistes et autres religions?
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Par Citoyen - 01/12/2009 à 23:54
Pourquoi, quand la démocratie directe, c'est -à-dire l'expression populaire se prononce contre quelque chose et que çà ne plaît pas aux musulmans, il faut la "réviser" ?

L'expression populaire est -elle une "dérive", en ce cas 57 % des Suisses "dérivent " ?
(Car ce n'est pas le fait d'un seul homme politique, mais la voix du peuple, faut-il la brider ?)

Entre parenthèses, populiste signifie: se rapprocher du peuple afin de le comprendre...

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Par avapoam - 02/12/2009 à 08:36
Pour un sondage, la question populiste serait-elle : seriez vous content d'être réveillé chaque matin par le chant du minaret et entouré à la sortie de chez vous par des femmes voilées ? car rien ne remplace la mise en situation pour comprendre un phénomène...
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Par Trx314 - 02/12/2009 à 10:26
@Citoyen
Je trouve que le principe de démocratie directe est dans l'absolu la meilleure chose possible, et que la Suisse est admirable de ce point de vue.

Maintenant le gros risque, en période de troubles et d'incertitude, est que la "foule" soit flattée dans ses instincts les plus bas et dans ses peurs les plus profondes, à des fins de manipulation évidente.

Je vis en Suisse depuis bientôt 10 ans, et je peux vous affirmer qu'une grande partie des gens qui votent se base principalement sur les affiches qu'ils voient dans la rue et non sur des débats sérieux (qui ont bien lieu mais qui ne sont souvent pas très suivis par les citoyens "moyens").

Jusqu'il y a peu, le citoyen moyen, ayant confiance dans ses élus locaux, alignait en général son vote sur l'opinion de ceux-ci. La vie politique Suisse était basée sur une sorte de respect mutuel entre partis et les divergences politiques se réglaient toujours par la discussion et au final par une forme de consensus de "bon sens". Le système de démocratie directe fonctionnait très bien dans ce contexte.

Blocher est arrivé un peu comme le Loup dans la Bergerie et a balayé tout cela d'un revers de la main, la fin justifiant les moyens de son point de vue. L'UDC a glissé très rapidement dans le populisme, avec ses affiches qui font du bruit dans le monde entier. Voir cette petite sélection, qui parle d'elle-même :
http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/11/30/suisse-les-affiches-de-choc-de-la-droite-populiste-decryptees_1274290_3214.html

Jusqu'où cela peut-il aller ?
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Par facetus - 03/12/2009 à 07:40
Arrêtez les caricatures et les fatasmes!
Blocher est au contraire l'émanation de la sensibilité politique profonde du peuple suisse et non l'inverse. Ce n'est pas quelques affiches qui font tourner les têtes. C'est un sentiment profond chez les suisses, qui ont la chance de pouvoir s'exprimer (contrairement aux autres).

Si les opinions ont évolué sur ces sujets sensibles durant les dix dernières années, c'est justement qu'il est apparu des problèmes notamment avec l'intégration des populations issues de l'ex-Yougoslavie (parfois musulmanes notamment).
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Par facetus - 03/12/2009 à 07:59
Des sondages faits en France, Allemagne et Espagne donnent une large majorité contre les minarets. Les suisses peuvent simplement exprimer ce que la plupart des européens pensent.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/12/02/les-suisses-ont-ils-vote-tout-haut-ce-que-les-francais-pensent-tout-bas_1275194_3224.html

A la question du Monde "Organiser un référendum sur la construction de minarets, comme cela s’est fait en Suisse où il a été rejeté par 57 % de la population, est-ce, selon vous…", 2/3 répond un signe de démocratie, 1/3 un signe d'irresponsabilité...

Dans l'Express, à la question "S'il y avait un référendum pour interdire les nouveaux minarets en France, je voterais...", oui pour 86%! (03/12/2009 - 7h55 - 21366 votes)
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Par Trx314 - 03/12/2009 à 08:55
La question n'est pas de savoir si oui on non les suisses ou les français souhaitent voir pulluler les minaret à chaque coin de rue. Evidemment que la réponse est non.

La vraie question est plutôt la suivante : pourquoi faire voter une loi totalement inutile, car s'attaquant à un "problème" totalement fictif ? Il n'y a que 4 minarets aujourd'hui en Suisse, et pour en faire construire un nouveau, il y de toute façon des tas d'autorisations à obtenir des autorités locales. Avec un minimum de réflexion, on arrive facilement à la conclusion qu'il est à peu près impossible que les minarets se mettent à pousser partout du jour au lendemain. Quand bien même la volonté de construire des minarets à chaque coin de rue existerait, les autorités locales, municipales et cantonnales rendraient évidemment la chose impossible.

Donc pourquoi cette loi ?

et bien c'est cela le populisme : se servir de craintes bien réelles (peur de l'islamisation de la société), les exacerber et les faire ressortir en offrant une "cible" facilement identifiable, puis finalement récolter le crédit politique accordé par les gens pour leur avoir donné le sentiment d'être "écouté".

Ce genre de manipulation est très dangereux, car il est difficile de fixer les limites, de savoir jusqu'où on peut "pousser" sans perdre le contrôle.

Maintenant, il est évident que ces craintes sont bien réelles, et qu'il faut trouver des solutions pour les soulager. C'est à cela que servent les hommes politiques en principe, mais il faut croire la relation de confiance entre le citoyen et son représentant n'est plus ce qu'elle était...
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Par facetus - 03/12/2009 à 14:04
La dernière fois que je suis allé en Hollande, j'ai pris le train entre Schiphol (l'aéroport d'Amsterdam) et le centre ville. J'ai été vraiment surpris de voir des mosquets à tous les km de la banlieue d'Amsterdam, ce qui n'était pas le cas quelques années auparavant. Cela a poussé comme des champignons!
Les suisses ont donc bien raison de prendre les devants et de ne pas se retrouver dans une situation irréversable comme c'est le cas dans d'autres pays d'Europe.
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Par Platinium54 - 02/12/2009 à 13:38
Les questions sur les limites de la démocratie directe interpellent la démocratie "tout court", ce n'est qu'une question d'échelle ! L'histoire nous a largement montré les failles de la démocratie. Pour prendre deux exemples européens récents, Hitler et Mussolini sont arrivés au pouvoir par le suffrage universel, donc par la volonté d'une majorité des électeurs, et bien-sûr, dès le pouvoir acquit, ils se sont empressés de détruire le système démocratique qui leur a servi de tremplin pour un autre projet : une dictature. Donc la démocratie peut se suicider. Par la terreur, bien-sûr, une fois installée, mais aussi constitutionnellement, par la mise en place de nouvelles institutions qui empêchent toute alternance par les urnes. Ce que Winston Churchill a très bien résumé : "La démocratie est un mauvais système, mais elle est le moins mauvais de tous les systèmes."

La démocratie est un projet constamment renouvelé, dont les fondations conceptuelles sont simples : l'équilibre des pouvoirs, dont celui du peuple vis à vis des élites. Et pourtant, c'est un équilibre toujours instable. c'est sa force, car il laisse en permanence de la marge à l'évolution, l'adaptation, le changement, bref la dynamique. C'est aussi sa faiblesse, car lorsque la vie devient trop difficile, les crises trop inquiétantes, bref, lorsque le peuple a peur, alors, tout devient possible, même le suicide !

Un blog très intéressant sur le thème de la démocratie directe :

http://www.democratiedirecte.fr/

Avatar de fredbastiani
Par fredbastiani - 03/12/2009 à 17:06
Je vous prierais de communiquer en arabe... :-)

Avatar de Orange
Par Orange - 03/12/2009 à 18:47
????