Faut-il craindre une rechute de l'économie ?
Nicolas Sarkozy nous l'a promis, le chômage va baisser en France dans les semaines qui viennent.
Les derniers signes extérieurs de richesse des économies émergentes et dévelopées sont en effet plutôt rassurants depuis quelques mois. Ou semblent l'être...
La croissance de 5.7% sur le dernier trimestre 2009 aux Etats-Unis est très rassurante. Ce qui l'est moins, c'est que 60% de cette croissance provient du restockage (augmentation des inventaires) des sociétés américaines, qui s'étaient débarassés de tous les stocks possibles et imaginables pour augmenter leurs cash-flows. Est-ce que cet effet peut durer ? Non.
Durant le même 4ème trimestre se sont terminés les plans de soutie
[...] Tout lire
"Investors Fear Europe’s Woes May Extend Global Slump" http://www.nytimes.com/2010/02/05/business/05markets.html?hp
Les tendances sont amplifiées par les spéculateurs. Au final, la Grèce, le Portugal et l'Espagne ne sortiront jamais de l'euro, le dollar sera encore la monnaie de référence pour cette décennie et les taux du JGB ne vont pas atteindre 4%, comme certains le prétendent.
Les télévisions françaises, les radios françaises, les journaux de la presse papier ont répété que le chômage avait baissé aux Etats-Unis.
Ce matin, tous les grands médias traditionnels ont agi comme des perroquets, répétant, et répétant encore, et répétant toujours la même propagande :
« Aux Etats-Unis, le taux de chômage a reculé à 9,7 %. Aux Etats-Unis, le taux de chômage a reculé à 9,7 %. Aux Etats-Unis, le taux de chômage a reculé à 9,7 %. »
Chose étonnante : aucun grand média français n’a expliqué comment l’administration Obama truque les statistiques du chômage.
Voici un graphique concernant le chômage aux Etats-Unis :
C’est le nombre de demandeurs d’emploi découragés qui sortent chaque mois des statistiques officielles :
http://business.theatlantic.com/assets_c/2010/02/discouraged%202010-01-21440.php
En septembre 2009, au total, 700 000 demandeurs d’emploi découragés sont sortis des statistiques officielles.
En janvier 2010, au total, 1,1 million de demandeurs d’emploi découragés sont sortis des statistiques officielles.
Avec 1,1 million de demandeurs d’emploi découragés en janvier, le gouvernement Obama peut faire sa propagande : « Les chiffres du chômage ont baissé ! Les chiffres du chômage ont baissé ! Les chiffres du chômage ont baissé ! »
Conclusion : les grands médias français sont des perroquets cons. Et la consommation va s’effondrer aux Etats-Unis à cause de tous ces demandeurs d’emploi découragés.
En France, c’est pareil.
Pôle Emploi vient d’annoncer qu’un million de chômeurs vont arriver en fin de droits en 2010. Et un million de chômeurs qui arrivent en fin de droits, c’est un million de chômeurs qui sortent des statistiques officielles.
Nicolas Sarkozy pourra revenir sur TF1 pour faire sa propagande : « Les chiffres du chômage ont baissé ! Les chiffres du chômage ont baissé ! Les chiffres du chômage ont baissé ! »
Autant dire que la situation ressemble de plus en plus à celle de 1929-1932, malheureusement, les entreprises continuant à licencier pour améliorer leurs marges et productivité à court terme, sans se soucier, comme je le disais, de l'effet cumulé de ces licenciements, qui détruit la consommation américaine et mène à leur faillite à moyen terme...
Et ce, malgré les plans de relance du gouvernement.
La croissance américaine et européenne est en berne pour longtemps. L'Asie en revanche a beaucoup plus de potentiel, stimulée notamment grâce à la Chine dont le marché intérieur se développe à grande vitesse (premier marché automobile en 2009, etc.) La Chine vit actuellement l'équivalent de nos trente glorieuses avec cependant des risques de surchauffe.
Catégories
- ART DE VIVRE
- DROITS & LIBERTES
- ECONOMIE
- EDUCATION
- ENVIRONNEMENT
- MUSIQUE/CINE/ARTS
- PEOPLE
- PHILOSOPHIE
- POLITIQUE
- SCIENCES
- SPORTS/LOISIRS
- TECHNO/NET

Je n'anticipe pas une rechute mais une reprise molle dans les pays développés. Les BRIC semblent avoir un peu plus de potentiel mais attention à la volatilité et les risques de bulle sachant que les BRIC ont déjà fait des performances extraordinaires en 2009.