1948, Déclaration des droits de l'homme ! 2010, serait-elle encore adoptée ?

Par Utopia, il y a 721 jours

1948, Déclaration des droits de l'homme ! 2010, serait-elle encore adoptée ?

PHOTO: Eleanor Roosevelt, Présidente de la Commission des droits de l'homme, regardant la Déclaration universelle des droits de l'homme en espagnol.

VIDEO: La DUDH est-elle toujours d'actualité ? Débat organisé le 23 décembre 2009 entre Rony Brauman (Ancien Président de Médecins Sans Frontières) et Denys Robiliard (Ancien Président d'Amnesty International France)

2ème partie: http://www.youtube.com/watch?v=gOzTP8Iaobg
3ème partie: http://www.youtube.com/watch?v=5ZF0YxGjqH8
4ème partie: http://www.youtube.com/watch?v=WS5fLCbB_wk

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1948, Déclaration des droits de l'homme ! 2010, serait-elle encore adoptée ?

1948: l'humanité est encore abasourdie par ce q [...] Tout lire

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Par Orange - 18/02/2010 à 23:49
Effectivement, l'on peut s'interroger. Il suffit de jeter un oeil sur les profondes divergences qui entourent les différentes commissions pour les droits de l'homme de l'ONU. Voici par exemple, un extrait de déclarations au-cours de la dernière conférence DURBAN II, sachant que plusieurs pays avaient purement et simplement choisi de ne pas y participer (Israël, Canada, Italie, Etats-Unis, Pays Bas, Australie, Allemagne, Nouvelle Zélande, Pologne, République Tchèque) .


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CONFERENCE D’EXAMEN DE DURBAN - 20-24 AVRIL 2009 - GENEVE

La Conférence d’examen de Durban a pour objectif d’évaluer les progrès réalisés depuis la dernière conférence onusienne contre le racisme (3ème du genre) qui s'était tenue en 2001 à Durban (Afrique du Sud). Celle-ci avait débouché sur l'adoption d'un plan d'action contre le racisme (DPAD), mais s'était surtout achevée dans la confusion générale : rendez-vous mondial manqué et marqué par une violente propagande antisémite au sein du forum des ONG et le départ des Etats-Unis et d'Israël de la Conférence des Etats.

Le 22 novembre 2006, la Troisième Commission de l’Assemblée Générale des Nations Unies adoptait, sur la base d’un vote favorable des pays européens, une résolution chargeant le Conseil des Droits de l’Homme d’organiser une Conférence d’examen de Durban en 2009.

Depuis 2007, le Comité préparatoire de la Conférence d’examen de Durban, sous présidence Libyenne et avec un Rapporteur cubain, s’est employé à élaborer pendant de long mois un projet de déclaration finale et à mettre les Etats membres des Nations Unies d’accord sur ce document préparatoire. Les négociations furent difficiles, émaillées de prises de positions intransigeantes : pour l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI) notamment, la diffamation des religions ainsi que la question israélo- palestinienne (accompagnée d’une focalisation négative sur Israël) devait être partie intégrante du texte. Or, ces questions figuraient parmi les « lignes rouges » (à ne pas dépasser) posées par les pays de l’Union Européenne.

Sous la pression d’un retrait massif des pays européens, et grâce à un travail important du « facilitateur » russe Youri Boychenko, est alors apparu dans les derniers jours précédents la Conférence un nouveau document d’une bien meilleure facture mais toujours très loin d’être satisfaisant au regard des standards internationaux de protection des Droits de l’Homme.
A la veille de l’ouverture de la Conférence, le « marchandage » de dernières heures autour du texte préparatoire, la non-participation de plusieurs Etats, la venue annoncée du Président iranien Ahmadinejad, ainsi que le souvenir de 2001, laissaient planer de sérieux doutes et de vives inquiétudes sous le ciel du Palais des Nations à Genève.

Se sont enregistrées à Conférence d’examen de Durban 146 délégations étatiques (sur les 192 Etats membres de l’ONU), dont 50 Ministres mais un seul Chef d’Etat, l’iranien Mahmoud Ahmadinejad1. 470 Organisations Non Gouvernementales (ONG) étaient inscrites et accréditées et près de 4800 personnes attendues.

Les « non-participants » à la Conférence

Après les défections annoncées d’Israël, du Canada et de l’Italie, les Etats-Unis, les Pays Bas, l’Australie, l’Allemagne, la Nouvelle Zélande, la Pologne sont venus grossir au cours du week-end précédent l’ouverture de la Conférence les rangs des non-participants. Suite au discours du Président iranien, la République Tchèque s’est alignée sur cette position en quittant la Conférence.

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Florilège des déclarations des Etats participants à la Conférence

« Si la discrimination raciale et la xénophobie sont des réalités dans le monde entier, celles-ci sont plus fortement présentes dans les pays du Nord, riches et industrialisés ». M. RAFAEL BERNAL ALEMANY, Premier Vice-ministre de la culture de Cuba

« Le Soudan a pris des mesures et adopté des lois contre le racisme et la discrimination entre les races, les cultures et les langues ». « Le Soudan réfute certaines allégations sur des cas d'esclavage au Soudan et fait part de l'existence d'un Comité pour l'élimination de l'enlèvement de femmes et d'enfants ».
« Les accusations (visant son Président) ne visent pas à rendre justice et apporter stabilité au pays, mais la Cour pénale internationale a été utilisée comme un outil raciste visant certains groupes au détriment d'autres ». M. ABDEL DAIEM ZUMRAWI, Vice-ministre de la justice du Soudan

« L'une des formes les plus insidieuses du racisme contemporain est la diffamation des religions et en particulier l'islamophobie ». « Bien que cette liberté (d’expression) soit sacro-sainte, elle ne doit pas être exploitée pour diffamer une quelconque religion et inciter à la violence contre ceux qui pratiquent cette religion ».
M. NAWABZADA MALIK AMAD KHAN, Ministre des affaires étrangères du Pakistan

«Il est nécessaire de dénoncer le génocide qui vise l'élimination de la population palestinienne ». M. ABDULKARIM AL-ERYANI, ancien Premier Ministre et Conseiller politique auprès du Président du Yémen

« Nous déplorons les discours haineux et l'incitation à la haine de la part de certains hommes politiques d'Israël » et « demandons à la communauté internationale de ne pas fermer les yeux sur la judaïsation de la région ». M. FAYSAL MEKDAD, Ministre des affaires étrangères de la République arabe syrienne

« Le peuple palestinien subit (...) un apartheid ». « Face à l'insistance d'Israël à établir un État juif de pureté ethnique, mon pays condamne la purification ethnique ». M. ABDULATI I. ALOBIDI, Vice-ministre aux affaires européennes de la Jamahiriya arabe libyenne

« Qualifier les événements de 1915 de génocide n'a aucune validité, relève de la calomnie et n'est pas entériné par une quelconque autorité juridique compétente ». Représentant de la mission diplomatique turque

« La Chine n'a ménagé aucun effort afin que toutes les minorités ethniques et tous les peuples autochtones jouissent de tous leurs droits ». Représentant de la mission diplomatique chinoise

« Les médias servent à propager préjugés et discrimination ». « L'Internet est détourné pour répandre la haine raciale ». Représentant de la mission diplomatique du Bangladesh
« La société jordanienne n'a jamais connu les phénomènes de racisme ou de discrimination raciale ». Représentant de la mission diplomatique jordanienne

« Mon pays attache une grande importance à la question de la discrimination raciale et considère les activités racistes et d'incitation à la haine comme délit pénal ». Représentant de la mission diplomatique saoudienne
« La Constitution afghane de 2003 comporte des articles qui garantissent la protection de la dignité humaine et la liberté d'expression, alors que d'autres articles bannissent la discrimination et prônent l'égalité des droits ». « L'un des points les plus importants reste la protection et la place accordée aux femmes ».
Représentant de la mission diplomatique afghane

« Nous assistons aujourd'hui aux pires formes de racisme et de discrimination raciale perpétrées contre le peuple palestinien de manière ouverte et légalisée ».
M. ABDELAHAD GAMALELDIN, Président de la Commission de la justice et des droits de l'homme du Parlement panafricain

« Le statut et la dignité d'un chef d'État doivent être respectés, en particulier par le Secrétaire général de l'ONU. Il n'y a pas eu d'incitation à la haine de la part de notre Président comme cela a été prétendu ».
« Certaines parties de l'intervention du Président Ahmadinejad ont servi de prétexte pour déformer sa tentative de jeter la lumière sur des faits historiques, car il y a effectivement des populations qui ont subi plus de six décennies d'occupation ». Représentant de la mission diplomatique iranienne

« L’Union Européenne rejette fermement et déplore la déclaration faite lundi par le Président iranien ». « Ses allégations pleines de haine sont rejetées dans les termes les plus forts possibles par l'Union européenne dans son ensemble ».
Représentant de la mission diplomatique suédoise, s’exprimant au nom des 22 pays européens

« Notre combat contre le racisme passe par la liberté de conscience, de croire ou de ne pas croire, par l’égalité des femmes et des hommes, par la dépénalisation de l’homosexualité, par la lutte contre le négationnisme, mais aussi par le combat contre l’impunité ».
Représentant de la mission diplomatique française, Jean Baptiste MATTEI

«Certaines délégations ont utilisé cette Conférence d'examen comme plateforme pour promouvoir des agendas qui ne sont pas conformes à l'esprit et aux objectifs de cette Conférence ». M. HANS DAHLGREN, représentant de la Suède pour les 22 Etats Européens

« Il faut souligner la participation de la société civile, qui a enrichi les travaux de la Conférence ». M. ACHAMKULANGARE GOPINATHAN, représentant de l’Inde pour le Groupe des pays d’Asie

« La souplesse de l'Organisation de la Conférence islamique ne signifie toutefois pas qu'elle ait renoncé à ses convictions. L'OCI demeure en effet sérieusement préoccupée par les tentatives de stigmatiser et de dénigrer les musulmans. Pour elle, la diffamation de l'Islam et de ses fidèles, sous couvert de liberté d'expression, constitue une nouvelle forme contemporaine de discrimination, d'intolérance et de xénophobie ».
M. AKRAM, représentant du Pakistan pour l’OCI

« Vous avez réussi à trouver un dénominateur commun ». MME NAVI PILLAY, Haut-Commissaire aux droits de l'Homme


CE QU’ONT DIT LES ONG PENDANT LE DEBAT GENERAL

« On assiste à un effort délibéré des autorités de faire systématiquement passer les Tibétains pour des suspects, voire des terroristes, ce qui ne favorise pas la recherche d'une solution ». M. DEKYI DOLKAR, International Campaign for Tibet

« Cette Conférence restera dans nos mémoires comme une conférence qui s'est efforcée de propager l'antisémitisme et de nier l'Holocauste ». MME ANNE BAYEFSKY, Hudson Institute

« Pourquoi n’a-t-on condamné aucun État, pourquoi n’a-t-on pas parlé de la condition des femmes en Arabie saoudite ou de la situation des homosexuels dans certains pays ? ». « Je ne crois pas que la Conférence ait aidé une seule de ces victimes ». M. HILLEL NEUER, United Nations Watch

« Concernant le racisme d'État, on n'a pas entendu parler non plus du Darfour ». « Qu'en est-il des athées, des déistes ou des apostats qui sont persécutés dans divers pays ? » M. ROY BROWN, Union internationale humaniste et laïque

« Il n'est pas rassurant qu'un texte ayant vocation universelle se focalise sur une région du monde, le Moyen-Orient, en ignorant les autres, à commencer par le Darfour, l'Iran, la Libye, le Rwanda, la Syrie ou le Zimbabwe, chacun d'entre eux méritant véritablement l'attention de la communauté internationale pour la protection des victimes de violations de droits de l'homme ». M. RICHARD HEIDEMAN, B'nai B'rith International

« La résolution abrogée en 1991 (assimilant sionisme et racisme) doit être à nouveau présentée ». « Le monde assiste à un retour du colonialisme qui prend de nouvelles formes dont celle du sionisme ». MME MIREILLE FANON, Centre Europe tiers-monde - CETIM

« La résistance à l'occupation est la seule manière d'obtenir réparation, puisque les lois ne suffisent pas à protéger les individus ». MME VIOLETTE DAGUERRE, Commission arabe des droits de l'homme

« Celui-ci (le peuple palestinien) n'est pas seulement victime de l'occupation étrangère mais aussi d'un phénomène d'apartheid et de colonialisme ». MME JARADAT GASSNER INGRID, Badil Resource Center for Palestinian Residency and Refugee Rights

« Le fait que la Déclaration fasse référence aux tragédies passées de l'esclavage, de l'apartheid et du colonialisme est une insulte aux victimes de pratiques odieuses actuelles ». MME MAYSA ZOROD, Al-Haq, Law in the Service of Man Reprenant


Souce: Licra ( http://www.licra.org/attachments/052_bilan-conference-examen-durban-mai-2009.pdf )

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Par facetus - 20/02/2010 à 20:25
Quand on lit les élucubrations de certains représentants de pays membres de la "fameuse" confédération des non alignés, je ne sais pas si je dois rire ou pleurer devant tant d'hypocrisie.
Et s'ils sont sincères, ils sont complètement schizophrènes...
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Par Orange - 20/02/2010 à 21:59
Oui, il est impressionnant de voir à quel point deux sujets focalisent les controverses: la condamnation d'Israel dans le conflit israelo-palestinien et la susceptibilité du monde musulman dans la défense de leur vision restrictive de la liberté d'expression.

Par ailleurs, cette ONU est une "super administration", dont il est difficile de comprendre de l'extérieur les modes de fonctionnement. Par exemple, voici une note qui décrit les récentes (2006) modifications apportées à la CDH (Conseil des Droits de l'Homme):

http://www.fiacat.org/fr/article.php3?id_article=605

Et, venant d'un organisme altermondialiste (engagement tiers mondiste marqué), voici, en 2005, leurs positions, donnant une vue générale de l'ensemble des organes de l'ONU:

http://www.alterinter.org/article50.html
Avatar de Platinium54
Par Platinium54 - 19/02/2010 à 19:52
Deux facteurs font que cette Déclaration ne serait sans doute, telle qu'elle, plus adoptée aujourd'hui:

1. il y avait 58 Etats membres de l'ONU en 48, ils sont 192 aujourd'hui.

2. une majorité de membres actuels sont sensibles aux questions "religieuses"; l'un point de crispation majeurs de ces dernières années porte sur l'interprétation qui est faite de la liberté d'expression, qui pour l'OCI (Organisation de la conférence islamique), par exemple, ne peut englober la critique d'une religion. Concrètement, les caricatures de Mahomet (Danemark, 2005), sont assimilées à une forme de stigmatisation à caractère raciste et au dénigrement d'une religion. Dans ce contexte, l'article 19 ne serait certainement plus adopté tel quel par la majorité des membres:


Article 19

Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

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Par Utopia - 20/02/2010 à 09:44
Cette question des cycles et des phases de "Progrès" rejoint celle posée il y a quelques temps:

Victor Hugo, près de 2 siècles tard, après Hitler, Staline, Mao, Pol Pot, ..., plus de 100 000 000 de victimes, qu'en est-il de ton 'Progrès' ?



Accompagnée de la célèbre "Lettre" que Victor Hugo transmit au Congrès de la Paix, à Lugano, le 20 septembre 1872 :

"L'avenir de l'Europe"

Un jour viendra où la guerre paraîtra aussi absurde et sera aussi impossible entre Paris et Londres, entre Pétersbourg et Berlin, entre Vienne et Turin, qu'elle serait impossible et qu'elle paraîtrait absurde aujourd'hui entre Rouen et Amiens, entre Boston et Philadelphie.

... le texte complet: http://www.pnyx.com/fr_fr/sondage/251