Après 3 ans de présidence, que pensez-vous de Sarkozy ?

Par caldrissian, il y a 700 jours

3 ans au pouvoir, toujours soutenu par son parti mais quand même très critiqué par ses opposants et les médias, et vous votre avis ?

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Par caldrissian - 06/03/2010 à 03:51
Pour moi ce n'est que de la poudre aux yeux sa présidence, même si certaines choses semblent bien, au final ça ne sert qu'à remplir les poches de certains.

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Par Orange - 06/03/2010 à 09:40
Sur ce thème du "Bilan" à mi-mandat de notre cher Président, il y a eu aussi il y a 3 mois une série de 5 questions de Summertime, accompagnées de vidéos originales, "Sarkozy Midterm", portant sur les différents facettes de sa stratégie et de son action à l'Elysée:

http://www.pnyx.com/fr_fr/sondage/434

http://www.pnyx.com/fr_fr/sondage/433

http://www.pnyx.com/fr_fr/sondage/432

http://www.pnyx.com/fr_fr/sondage/431

http://www.pnyx.com/fr_fr/sondage/430

Avatar de Solal
Par Solal - 06/03/2010 à 14:45
Je pense qu'il faut essayer de replacer les trois années écoulées dans leur contexte.
Ce qui me chagrine, c'est que les Français soient si bêtes pour qu'il soit nécessaire de leur promettre monts et vaux pour passer les élections à chaque fois.
Dans la situation de difficulté économique où se trouve es deux tiers du monde aujourd'hui, il faut accepter de faire des concessions, renoncer à des privilèges, et de ne plus rêver d'arrêter de travailler à 55ans.
La situation actuelle n'est pas résultat de la politique de trois dernières années, mais de trente ans d'excès collectifs.

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Par caldrissian - 06/03/2010 à 16:49
Je suis d'accord, il faut faire des concessions, là n'est pas le problème. Moi ce qui me chagrine c'est qu'il augmente le fossé entre les différentes classes social, tout en critiquant les 30 ans de politique derrière lui pour justifié ses choix. Une politique "poudre au yeux" + une justification "c'est à cause de mes prédécesseurs" + des moyens détournés de satisfaire "ses amis".

J'ai plus un sentiment dictatorial qu'autre chose, avec culte du chef mais tout déguisé en"je serai le président des français".
Avatar de facetus
Par facetus - 06/03/2010 à 17:36
En quoi augmente-t-il le fossé entre les classes?
C'est par exemple le premier depuis 30 ans à se battre autant pour préserver le secteur industriel français.
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Par caldrissian - 06/03/2010 à 18:05
Et le paquet fiscal ça profite à qui. 5% des français à non je suis bête 4% touche quelques 10ène d'euro et 1% quelques milliers ou dizaines de milliers d'euro.
Surtout que ça coute 14 milliard

Réduction des effectifs dans l'éducation et la santé ok pour les économies de budgets mais il y avait mieux à faire avec les haut fonctionnaire qui s'en mettent plein les fouilles. A oui j'oubliais au final ces baisses d'effectifs, il y a baisse de la qualité de ses services, donc si on veut bien éduquer ses enfants et bien se soigner il faut aller dans le privé mmmh du coup qui est lésé, et oui pas les gens aisés.
Évidement il aurait pu déplacer les effectifs dans l'éducation professionnel et améliorer se secteur mais non rien de significatif, alors qu'il serait temps d'arrêter de prendre ça comme une dernière chance, l'allemagne ça fonctionne bien, ça forme mieux, ça coûte rien pour l'élève...

Sinon on peut parler de l'augmentation de son salaire et de celui des ministres fait en début de mandat, je suis pas contre vu qu'on été les plus faibles d'Europe mais il aurait pu faire ça plus tard et plus discrètement, j'ai trouvé ça indécent.

Pour la poudre au yeux, la défiscalisation des heures sup, il y a 30 ans ok, mais avec les familles modernes (mono-parentales, père et mère au travail, recherche de plus de loisir pour son bien être...) vous croyez que les gens vont travailler plus... Ca sous entend engager une nourrisse plus longtemps,donc des gains d'un côté et des pertes de l'autre... Et pour les gens qui font des travaux pénibles, qui rentrent déjà cassés chez eux, je pense pas qu'il vont faire plus d'heures et si ils en font plus, ils risquent plus de problèmes de santés donc une augmentation des frais pour la sécu...

A oui et pour le secteur industriel, tout ce qu'il aissé de faire c'est garder les entreprises en france, ou la la que c'est dur à faire, vous avez pas remarqué que naturellement les industriels reviennent en france car la qualité n'est pas bonne dans les pays type chine, et lorsque la qualité s'améliore et bien les salaires aussi.
Donc c'est encore de la poudre aux yeux, facile de dire des choses quand elles se font naturellement.

A oui l'auto-entrepreneur, c'est bien mais hyper limité et risqué, je suis en train de monter une boite donc je commence à bien situer les choses dans la création d'entreprise.

A et les dépenses genre 5 millions d'euro pour améliorer le confort de son avion "air force one", c'est vrai que c'est encore justifié.
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Par facetus - 07/03/2010 à 00:37
Le paquet fiscal est nécessaire si l'on veut arrêter que les personnes riches et autres investisseurs quittent la France pour aller en Belgique, Suisse ou ailleurs. Trop d'impôt tue l'impôt. Les estimations d'exil et d'évasion fiscales sont de 40 milliards d'EUR pour la France ce qui rapporterait plusieurs milliards de recettes fiscales.
Le bouclier fiscal a coûté 246 millions d'euros (M€) en 2007 (année fiscale 2006) et 458 M€ en 2008 (année fiscale 2007) et vu la crise, cela va certainement baisser en 2009 et 2010.
Ces 14 milliards, tu les sors d'où?

Quant à la défiscalisation des heures sup, cela était bien nécessaire pour neutraliser cette aberration des 35h et inciter les français à travailler plus pour gagner plus.

Etre compétitif et garder les industries en France n'est pas chose du tout évidente. Malheureusement, l'avantage qualitatif a souvent un coût prohibitif pour les consommateurs et les actionnaires. La tendance depuis longtemps est plutôt la délocalisation que la relocalisation. Quelles entreprises/secteurs se sont relocalisées?

Quant à l'éducation, l'autonomisation des universités est une excellente chose mais beaucoup reste à faire car l'université est le parent pauvre de l'éducation nationale, pour ne pas dire une vraie honte. Il faudrait faire comme en Hollande ou au Japon: pas de bourse mais un système de prêts publics à taux zéro pour les étudiants afin de financer leurs frais quotidiens mais aussi les frais universitaires qui devraient plutôt être autour de 4000EUR pour apporter un financement décent aux universités et responsabiliser les étudiants.
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Par Orange - 07/03/2010 à 01:03
Ce coût de 14 Milliards par an est le chiffre qui circule, comprenant l'ensemble des mesures (cf commentaire de Politeia) mais il n'est pas évident que compte tenu du recul de l'activité, les charges associées à l'incitation des heures sup n'en diminuent pas aussi et le gouvernement ne communique pas beaucoup la dessus.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2007/07/10/le-paquet-fiscal-couterait-13-6-milliards-par-an_934038_3224.html
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Par caldrissian - 07/03/2010 à 01:59
facetus, bien sûr pour l'éducation quelle bonne idée, quitte à avoir un prêt autant commencer à 18 ans, et dans ta théorie évidement on ne donne pas plus sa place à l'enseignement professionnel qui est un des rare moyen d'offrir une vrai expérience en entreprise avec un salaire donc pas de prête ni d'endetement. Les français va falloir arrêter de privilégié l'enseignement universitaire, pour créer des générations de personnes démotivées et ayant que tard de l'expérience en entreprise. L'université n'est pas la clé de l'éducation, certes il ne faut pas la négliger là on est d'accord. L'allemagne est à la pointe de l'enseignement professionnel et bizarrement il souffre moins du chômage, de la crise....

Quel secteur se relocalise, c'est pas très dur à deviner, tout ceux qui ont un risque sanitaires, exemple les fabriquant de jouets reviennent car ils ont eu des problèmes avec de mauvais process de fabriquation, ça serait dommage d'empoisonner nos enfants !!!
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Par facetus - 07/03/2010 à 08:49
Bien sûr il faudrait développer les formations pros.
Par ailleurs, il faudrait aussi faire en sorte que l'université soit connectée à la réalité, c'est à dire prépare ses étudiants au monde du travail notamment dans le secteur privé et se focalise moins à fabriquer des professeurs et des chercheurs pour le secteur restreint du domaine public.
Soit les universités revoient la qualité des cursus de telle sorte que les entreprises qui recrutent peuvent élargir le champs de compétences acquises comme cela se fait dans les pays anglo-saxons, soit il faut restreindre les places aux formations en fonction de leurs débouchés, ce qui réduirait fortement le nombre d'étudiants en droit, histoire, etc.
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Par caldrissian - 07/03/2010 à 15:10
Là je suis d'accord.
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Par Politeia - 06/03/2010 à 19:07
Si l'on tente de faire un bilan de ce mi-mandat, il est intéressant de le faire au regards des attentes des 53% d'électeurs qui l'ont choisi lui, plutôt que S Royal (avec le recul, ce serait amusant d'imaginer le scénario de ces deux années et demi avec elle à l'Elysée, mais c'est une autre histoire).

Et pour ce faire, de regarder point par point les grandes promesses de campagne.

1. La rupture = thématique générale englobant aussi-bien un mode de gouvernance, de comportement, de discours (parler "vrai"), des valeurs, que l'action dans tous les domaines (en opposition à l'inaction du "roi fainéant")

2. La réforme = essentiellement d'un point de vue structurel, par une "modernisation", adaptation des grands systèmes administratifs, circuits de décision, législatifs, judiciaires, de sécurité

3. Le travail et le pouvoir d'achat = sortie des 35 heures," travailler plus pour gagner plus"

4. Les valeurs morales = nationalisme (fierté d'appartenance, "tourner le dos à la repentance"), intégration, catholicisme

5. Géostratégie = réintégration Commandement Otan, rapprochement Israel, refus Turquie


Voilà les grands chapitres qui me viennent à l'esprit, sans ordre privilégié, tous ayant été mis en avant au-cours de la campagne et je pense, correspondent aux attentes de son électorat.


Sans faire le parallèle promesse-résultat de chaque point, je dirais que grosso modo il a mis en application exactement tout ce qu'il avait dit et que le résultat concret pour l'instant dans le vécu de la population est catastrophique (explosion du chômage, stagnation du pouvoir d'achat moyen, mais chute brutale pour une frange non négligeable de la population, pessimisme généralisé). Ce qui n'avait été prévu en 2006-2007, c'est bien-sûr la déflagration financière de 2008 dont les effets négatifs vont porter sur l'économie (industrie, services, consommation) jusqu'en 2011, sans doute, en espérant que d'ici là des soubresauts internationaux ne viennent à nouveau déstabiliser un mouvement de reprise.

Comment cela se serait-il passé sans cette crise, avec une croissance constante 2007-2010 du niveau de celle de 2007 ? Peut-être "bien", car d'un point de vue purement technique, les choix opérés sur les heures supplémentaires auraient sans doute été utilisés par les entreprises et le pouvoir d'achat aurait suivi, entraînant la consommation et la création d'emploi.

Donc, je crois que SI L'ON SE PLACE DU POINT DE VUE DE SON ELECTORAT, l'on pourrait dire: bravo, 10/10, vous avez fait ce que nous voulions, mais cata, 0/10, le résultat est nul, que vous en soyez responsable ou pas.

Si l'on se place du point de vue des 47% qui n'ont pas voté pour lui, je dirais que le jugement sur son bilan est évidemment nul, non seulement en termes de résultats, mais aussi d'action en elle même.

Bien-sûr, en dehors de ces aspects quantitatifs, il y a eu quelques erreurs de gouvernance catastrophiques, des bidouillages de nomination, dont celle de son fils à l'EPAD, des dérapages "bling-bling" et verbaux, toutes choses qui ont fortement entamé, au sein de son propre électorat, sa crédibilité de chef d'Etat responsable.

L'on pourrait se dire que ses chances de réélection dans deux ans et demi sont compromises, mais comme le vide d'une alternative à droite est "sidéral" et qu'à gauche l'on est loin d'avoir dégagé une personnalité à la hauteur de l'enjeu, ou concrètement "visible" (D Strauss-Kahn a la "stature" en terme d'image, mais il est bien loin …), je dirais que si N Sarkozy se représente, l'on est reparti jusqu'en 2017, et là, l'ensemble des réformes qu'il a frénétiquement engagé depuis 2007, auront définitivement remodelé le pays. Vers quel modèle ? S'il fallait caricaturer, je dirais qu'à tous points de vue, ce modèle est celui des USA.

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Par caldrissian - 06/03/2010 à 20:00
Assez d'accord. Et oui effectivement pour l'instant si il se représente on est reparti pour un tour. Par contre ok pour la crise qui ne l'aide pas, mais le paquet fiscal à été fais avant, comme son augmentation de salaire... Donc oui et non la crise peut-expliquer ses échecs, dans une politique "poudre au yeux" ça lui permet de se justifier, ça lui sert plus que l'inverse !!!
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Par Politeia - 06/03/2010 à 20:37
Tu as raison, Caldrissian, le paquet fiscal a été fait immédiatement après l'élection, avant la crise. Mais que contient-il ?

-des mesures pour les classes très aisées : bouclier fiscal limitant à 50% le total des prélèvements obligatoires, afin d'attirer leurs investissements en France

-des mesures pour les classes moyennes : fiscalité des successions et de l'immobilier, afin d'alléger leur "décrochage" des dernières décennies et favoriser l'investissement immobilier

-des mesures pour le travail : allègements des charges sur les heures supplémentaires, afin de favoriser l'augmentation du temps de travail en contournant les lois sur les 35 heures


Franchement, SI la croissance avait booster ce troisième volet, l'emploi serait plus ou moins reparti à la hausse (baisse chômage et création emplois) et le pouvoir d'achat aurait plus ou moins augmenté en re-dynamisant la consommation (tout cette chaîne vertueuse n'étant pas certaine, même sans crise, car les comportements des entreprises ne se commandent pas si facilement),

-alors, le premier volet, qui touche un tout petit nombre de bénéficiaires, mais fait se rapprocher la situation française de celle de la plupart des autres pays européens, aurait vite été oublié,

-alors, le second volet, qui touche une frange plus importante de la population, aurait été plus exploité (dans l'immobilier) et aurait participé à la croissance.

Quant à son augmentation de salaire, l'on est là dans les symboles, importants, certes, mais …, d'autant qu'il n'a fait que l'aligner à celui du Premier Ministre.

La vraie question devient à mon sens: est-ce qu'un économiste comme Strauss-Kahn aurai fait différemment ? Sur tous ces points, je ne sais pas. Je suis certain que les différences auraient été flagrante sur d'autres points de la politique (géostratégie, sécurité, laïcité, immigration, culture), mais je ne suis pas certain d'un point de vue économique.
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Par Summertime - 07/03/2010 à 16:06
Le bilan que tu fais, Politeia, en n'approfondissant que les angles "promesses - action " et économie, aboutit à un portrait bien lisse de cette Présidence.

Il serait indécent dans ce bilan de ne pas mettre l'accent sur l'offense faite depuis 35 mois par cet apprenti sorcier à certaines valeurs de la démocratie française !


Un apprenti sorcier dans la gestion de la sécurité: en introduisant le management par résultat dans ce domaine, sous le couvert d'une "efficacité renforcée", toutes les administrations se voient attribuées des objectifs quantitatifs. Une politique dans la théorie très louable, mais qui dans la pratique va, dans les secteurs de la sécurité intérieure, avoir des conséquences catastrophiques, car cette politique de quotas dégénère très vite en une transformation du caractère même de la mission des représentants de l'autorité de l'Etat, qui de service "au" public deviennent un service "contre" le public ! Pour faire du chiffre, la machine panique et s'emballe: explosion des contrôles, des gardes à vue, arbitraire, abus de pouvoir, dialogue balayé entre les forces de l'ordre et la population, véritable climat de rapport de forces et d'intimidation instauré. En matière d'immigration, cette politique de chiffres contraint certaines préfectures à de véritables chasses à l'homme afin de ne pas être mal notées, avec des dérives absolument contraires aux droits de l'homme: séparation des familles, interpellation et incarcération d'enfants, renvoi vers des zones à risque. En matière administrative, une kafkaïenne course à l'identification des "faux français" renvoie vers de tristes périodes de l'histoire française ! Ce que nous vivons actuellement, c'est la démonstration qu'en ce début du XXIème siècle, n'importe quelle administration peut retrouver, sans états d'âmes, un comportement arbitraire dès lors que sa hiérarchie lui lâche les bribes dans une course au résultats: une expérience inconnue depuis la libération de la France par les forces alliées ! À une autre échelle, c'est exactement le même processus qui a été vécu au sein de l'administration française entre 1941 et 1945 ! La seule différence, est bien-sûr que des contre pouvoirs, opinion et médias lèvent encore la voix et obligent, au cas par cas, des corrections de tir, infléchissant tels ou tels excès, mais ce qui est incontestable, c'est que cet individu a choisi un axe sécuritaire qui est une véritable boite de pandore ! Si par malheur, demain, une crise sécuritaire majeure (attentats, conflit, …) intervenait, je n'ose développer les scénarii que le pays pourrait vivre: lorsque l'on voit la chape de plomb qui aux USA est tombée sur les relais d'opinion, pourtant très indépendants et puissants, n'osant plus critiquer de près ou de loin les initiatives de G Bush entre 1991 et 1995, alors …

Un apprenti sorcier dans l'instauration d'un rapport de forces permanent basé sur la provocation, la confrontation, qui a, en deux ans, détruit les consensus minima de la Société ! Non seulement de par des comportements individuels invraisemblables pour un chef d'Etat, du croc de boucher en passant par les insultes, jusqu'aux humiliations de corps entiers de la puissance publique, mais aussi en jouant en permanence de l'annonce de décisions que l'on sait pertinemment inconstitutionnelles dans leur arbitraire, provoquant ainsi de multiples rapports de force avec les grandes institutions, et ici, comme pour la sécurité, l'on peut s'interroger sur la façon dont serait gouverné ce pays si par malheur cet individu arrivait à museler certains grands contre pouvoirs.

Un apprenti sorcier dans le jeu qu'il a lancé avec ce débat sur l'identité nationale, en exploitant les pires pulsions d'un peuple qui tout à coup se voit encouragé à se défouler de manière nauséabonde sur des boucs émissaires ! Lorsque des historiens remettront en perspective ce qui s'est dit pendant ces trois mois en France, il définiront cette période comme l'une des plus honteuses de la République depuis les immondices de Vichy ! Et ici encore l'on peut s'interroger sur les perspectives que prennent de telles initiatives si les contre pouvoirs sont affaiblis !

Un apprenti sorcier dans la gestion de questions de religion: sous le couvert d'une nouvelle "Laïcité Positive", c'est tout simplement le caractère laïc de la République qu'il a entrepris de démanteler, avec pour objectif concret de rétablir une relation quasi institutionnelle avec le culte catholique, une religion d'Etat, au sein d'un environnement cultuel totalement dégagé de toutes contraintes, ce qui permettra par exemple à une organisation comme la scientologie de s'épanouir en toute liberté sous un statut d'église !

Et l'on devrait continuer cette liste à la Prévert en développant les thématiques du muselage de la justice, des organisations de médiation, des milieux associatifs, des actions en-cours pour brider la liberté d'expression sur le web, etc


Conclusion de ce bilan: cet individu a soit un projet délirant, soit il y a une totale inadéquation entre ses capacités de gouvernance et la fonction qu'il occupe, et je pense que la France va tout simplement changer de régime si la course folle de cet individu n'est pas stoppée net dans deux ans. Et le fait qu'en matière de dynamique de réforme économique, il soit réellement dans l'utile et le nécessaire, n'enlève rien à ce réquisitoire: le Chili de Pinochet, la Chine actuelle, ou même la Russie de Poutine dans sa sortie de l'anarchie, sont tous des grands succès et pourtant … la liberté d'expression y est bâillonnée, les opposants politiques y sont assassinés ou emprisonnés, etc

Je crois profondément que cet individu est capable de nous entraîner vers un système "d'autocratie populaire", et le fait que la France ne soit pas le seul pays où une certaine forme de démocratie est en danger, dans une sorte de crise profonde d'un modèle de civilisation, ne change rien aux données du problème.

Enfin, le parallèle fait par Politeia avec le modèle US est pertinent, avec un seul bémol, qui est de taille: le modèle US est doté, dans tous les domaines que nous pourrions comparer, de contre poids de grande puissance et ces équilibres sont le fait de traditions qui s'inscrivent sur de longs cycles. En France, l'extraordinaire habileté de cet individu est, pour justifier de ses actions, de constamment prendre des références par un seul angle, sans les inscrire dans des contextes plus larges. Le cas de la réforme des juges d'instruction est exemplaire, à ce titre: les éliminer, comme dans de nombreux pays, pourquoi pas, mais à condition de donner une totale indépendance aux parquets, etc

Ce réquisitoire est certainement partial et contestable, il a sa part de subjectivité, en particulier dans les conclusions que je tire de l'observation de telle ou telle série d'événements, mais sur l'ensemble de ces points mille références peuvent être apportées, justifiant à minima le fait de s'interroger sur le type de régime que cet individu instaure.

Avatar de caldrissian
Par caldrissian - 07/03/2010 à 18:02
Assez d'accord, nous allons dans le tout totalitaire signe d'une dictature, plus un culte du chef etc...

Espérons que dans les autres partis politique une personnalité se détache sinon au prochaine élections on en rebouffe pour 5 ans et là il aura plus aucune limite !!!!
Avatar de Orange
Par Orange - 07/03/2010 à 20:32
Il est difficile, je crois, d'employer le mot "dictature", car l'on voit bien que cette dérive de régime est plus complexe, plus fine, bref, ce sera à postériori que l'on pourra le définir. Mais en tout cas, je rejoins Summertime sur le constat qu'il y a une véritable question sur la transformation du régime. Ceci intègre aussi une autre dimension qu'il n'a pas abordée, celle du mélange de toutes les tendances politiques au sein du gouvernement. On peut le voir comme une simple tactique de division de l'adversaire, ou au contraire comme une véritable stratégie politique, dépassant tous les clivages des partis, sans être dans le même temps une "union nationale" qui elle, fait intervenir les organisations politiques autour de la résolution d'une crise grave qui nécessite de dépasser tous les clivages. Non, ici, il y effectivement cette notion d'un dirigeant "autocrate" qui est si puissant qu'il peut se passer des formes classiques de la démocraties et construire à son gré les équipes qu'il souhaite.
Avatar de facetus
Par facetus - 12/03/2010 à 17:22
Il va falloir revoir la notion de dictature chez certains...
Par ailleurs, s'il y a des dérives, ce n'est rien par rapport à Mitterand. Enfin, à l'opposé de Mitterand, Sarkozy n'a fait assassiner personne, n'a pas de sang sur les mains.