Israël Palestine - Quels rêves reste-t-il ? Un seul Etat ?

Par Dequoijememele, il y a 696 jours

Israël Palestine - Quels rêves reste-t-il ? Un seul Etat ?

Israël Palestine - Quels rêves reste-t-il ? Un seul Etat ?

Je ne vais pas réécrire le détail d'une histoire que tous devraient connaître, tant ce sujet influe depuis des décennies sur la politique de la planète entière, mais je voudrais rapidement remettre en perspective son enjeu en 2010, en tentant de le dégager de la meute des à priori et des passions.

Depuis le début du 20ème siècle, deux peuples s'affrontent pour un même territoire.

L'un, arabe, de confession musulmane, qui vit sur cette terre depuis des millénaires, cohabite harmonieusement avec de petites minorités juives et chrétiennes et s'engage dans les années 20 dans un combat pour son émancipation du colonialisme.

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Avatar de caldrissian
Par caldrissian - 10/03/2010 à 01:25
Il faut 2 états, c'est évident. Par contre Israël va devoir faire des effort !!!

Avatar de Orange
Par Orange - 10/03/2010 à 10:00
"C'est évident" ?
Avatar de facetus
Par facetus - 10/03/2010 à 13:24
Juste pour confirmation, un seul Etat veut dire uniquement l'Etat d'Israël?

Avatar de Orange
Par Orange - 10/03/2010 à 16:31
Je pense que la réponse est dans la question "Israël Palestine" et aussi dans l'article:

"Le seul rêve qu'il reste, qui pourrait concilier les rêves que ces deux peuples ont depuis un siècle, c'est de vivre ensemble dans une même république sur l'ensemble de la Palestine... Quelque soit la forme que prendra cette "fusion" des deux peuples, fédérative, d'union, etc, c'est la seule solution, dans une dynamique d'intégration des économies, de la circulation des biens et des personnes, de la citoyenneté, de la sécurité, etc."

Quelque soit le nom que tu donnes à ce "nouvel" Etat, ...
Avatar de Orange
Par Orange - 12/03/2010 à 20:34
Dans l'impasse qui non seulement ne semble pas vouloir trouver d'issue, mais au contraire s'approfondir, il y a cette hypothèse très logique que rappelle deQuoijememele, mais il y a, aussi invraisemblable que cela puisse paraître, celle qui existerait dans les cartons d'une "expatriation" forcée de tous les palestiniens vers les pays environnants ! Cf cette interview récente sur une radio israélienne:


(source: http://www.rense.com/general34/esde.htm )

http://www.martinvancreveld.com/biography/

Avatar de Trx314
Par Trx314 - 13/03/2010 à 15:58
Très bon article et vidéo, instructif pour moi qui connait assez peu le sujet.

Une question que je me pose, sans connaissance historique suffisante pour y répondre : y a-t-il un lien entre la montée des extrémismes islamistes à laquelle nous assistons partout dans le monde et le conflit israelo-palestinien ?

Est-ce que finalement tous les problèmes que nous connaissons aujourd'hui et qui suscitent de nombreux débats dans nos confortables contrées occidentales ne trouveraient pas leur origine dans ce conflit ?

Est-ce que si le peuple juif ne s'était pas engagé dans cette entreprise, l'identité musulmane moderne ne serait pas profondément différente et beaucoup moins sur la défensive ?

Avatar de Dequoijememele
Par Dequoijememele - 13/03/2010 à 20:48
Sans être "à l'origine" de tous les problèmes que tu présentes, il est certain que le conflit israelo-palestinien en est, dans nombre de cas, le "catalyseur" et parfois l'"amplificateur". S'il fallait définir les dénominateurs communs à toutes les interférences qu'il a pu y avoir entre ce conflit et de nombreuses crises, je crois qu'il faudrait en dégager deux, qui s'alimentent l'un l'autre: l'identité arabe et l'émancipation de la domination occidentale.

L'identité "arabe", qu'il faut remettre en perspective dans les mouvements de libération contre le colonialisme, puis contre l'impérialisme US dans le contexte de la guerre froide, en jouant d'alliances exploitant l'opposition Etats-Unis / Union-Soviétique, puis dans l'islamisme, qui doit être vu, d'un point de vue politique, comme un nouveau contre pouvoir aux USA, lorsque les options de contre-pouvoir socialistes disparaissent avec l'Union Soviétique.

Cette identité a été effectivement profondément humiliée par les successives défaites militaires contre Israël, qui avait fait une forme d'unanimité à son encontre dans les rues arabes, car le sionisme est au départ perçu comme une dynamique européenne, au profit de populations européennes, et à l'arrivée, comme une enclave occidentale post coloniale au coeur du monde arabe, le soutien inconditionnel des USA à Israël ne pouvant ensuite que conforter ce ressentiment.

Donc, on pourrait dire que le "vrai" sujet est plutôt celui de "guerres d'indépendance" qui n'en finissent pas, et sur ce plan, Israël ou pas, ce serait probablement la même chose. Par contre, d'un point de vue "symbolique" de l'"honneur bafoué" et de l'impérialisme occidental, Israël est effectivement au coeur de la cible.
Avatar de Orange
Par Orange - 13/03/2010 à 23:29
Pour compléter ce sujet de quelle influence sur la politique internationale, voici un extrait d'un rapport adressé le 13 septembre dernier à Barack Obama, par Zbigniew Brzezinski, Chuck Hagel, Lee H. Hamilton, Carla Hills, Nancy Kassebaum-Baker, Thomas R. Pickering, Brent Scowcroft, Theodore C. Sorensen, Paul A. Volcker et James D. Wolfensohn:

" Aujourd’hui, alors que nos ennemis contournent la supériorité militaire américaine en menant à la fois une guerre de l’information et de la terreur, il est indispensable d’aboutir rapidement une paix israélo-arabe. Même si celle-ci ne suffit pas à écraser Al-Qaida, elle aiderait à assécher le marécage dans lequel cette organisation et d’autres mouvements violents et terroristes poussent, et à éliminer ainsi une des sources majeures d’antiaméricanisme musulman global. Les avantages stratégiques récemment acquis par l’Iran dans le monde arabe seraient largement réduits. Loin de constituer une diversion par rapport aux autres crises proche-orientales, un accord de paix israélo-palestinien contribuerait de manière significative à leur solution."
Avatar de Sergelefort
Par Sergelefort - 13/03/2010 à 17:45
Lire aussi :
• Dossier documentaire & Bibliographie Palestine/Israël - Résistance Palestine : http://lou.quetiero.free.fr/2.DOSSIERS/Resistance-Palestine.html
• Dossier documentaire & Bibliographie Palestine/Israël - Un seul État : http://lou.quetiero.free.fr/2.DOSSIERS/Palestine-Israel.Etat.html

Avatar de Dequoijememele
Par Dequoijememele - 13/03/2010 à 18:39
merci, je ne connaissais pas toutes ces sources. Qui est à l'origine de cette anthologie sur le thème d'un seul état ?
Avatar de Sergelefort
Par Sergelefort - 13/03/2010 à 19:18
J'ai compilé ces sources et bien d'autres : http://lou.quetiero.free.fr/3.INDEX/Index.Dossiers.html

Quelques remarque non exhaustives car cela nécessiterait un article qui prendrait la dimension d'un livre voire d'une encyclopédie, mais je manque de temps... jajaja.

• "L'un, arabe, de confession musulmane, qui vit sur cette terre depuis des millénaires"
Ooooops, c'est un peu réducteur de dire arabe = musulman. Que faites-vous des arabes chrétiens, juifs ou athées ?

• "le peuple palestinien le refuse catégoriquement"
Ce n'est pas tout à fait exact. Ce sont des proto-nationalistes palestiniens (Abd al-Kader al-Husseini par exemple) et surtout les pays arabes voisins qui refusèrent le partage. Depuis, les pays arabes ont manipulé la cause du peuple palestinien...
Il faut encore préciser que l'État d'Israël n'a jamais respecté le plan de partage de 1947 ni les résolutions de l'ONU.

• "En termes sécuritaires, les mesures constamment appliquées et amplifiées se justifient techniquement à l'aune de la protection d'un peuple"
La politique sécuritaire est un alibi pour ne pas reconnaître les droits du peuple palestinien.
Comment comparer la violence de la résistance palestinienne et celle de l'État israélien - la guerre barbare contre Gaza par exemple ?

• "Donc, deux états demain ? [...] C'est une impasse."
Oui, la colonisation israélienne des terres palestiniennes a rendu impossible la création d'un État palestinien réduit à un État-confetti.
Un seul état pour deux peuples n'est pas un rêve c'est déjà une réalité : l'un a tous les pouvoirs et l'autre est réduit en esclavage dans des ghettos-camps de concentration.

Lire aussi :
- 23/03/2009, Vers un État unique en Palestine/Israël, Monde en Question, http://mondeenquestion.wordpress.com/2009/03/23/vers-un-etat-unique-en-palestineisrael/
- 30/04/2009, L'archipel de Palestine orientale, Le Monde diplomatique, http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2009-04-30-L-archipel-de-Palestine-orientale
- 17/06/2009, Quel État palestinien ?, Le Monde diplomatique, http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2009-06-17-quel-etat-palestinien - AFPS (carte), http://www.france-palestine.org/article12108.html

Avatar de Dequoijememele
Par Dequoijememele - 13/03/2010 à 21:29
Vous avez raison, cela nécessiterait une encyclopédie, et lorsque l'on veut synthétiser, l'on fait des raccourcis, qui, dans mon intention, se voulaient "objectifs", mais bon, tout exercice doit avoir des défauts, sinon, quel intérêt...

Pour le premier point, désolé, mais je précise dans ce petit texte que cette "majorité arabe musulmane" vit en harmonie avec des minorité juives et chrétiennes, pardon d'avoir omis athées, mais bon, ...

Pour le second, je n'ai pas non plus parlé des divisions qui existaient dans le camp juif - certains, largement minoritaires, refusaient ce partage-, et donc il est honnête, lorsque l'on présente le parallèle des deux positions - juives et arabes, de les situer ainsi, dans leur antagonisme, sachant que les organisations politiques palestiniennes étaient quasiment inexistantes, décimées depuis les révoltes de 29, d'où le rôle des états environnants...

Pour le troisième, c'est faux. A sa création, l'Etat d'Israël s'est constitué sur la base d'une acceptation constitutionnelle sans condition de la résolution 181, dont celles des frontières de partage inclues. Le lendemain, la guerre lui était déclarée et ensuite, de victoire en victoire, il a occupé et annexé d'autres territoires. Personne ne saura jamais si Israël serait resté dans les frontières de sa création s'il n'avait pas été attaqué et si un Etat Palestinien avait simultanément été créé dans les 11500 km2 voisins. Quant au fait qu'ensuite il n'a pas respecté les différentes résolutions, vous avez 100 fois raison.

Pour la quatrième, d'un point de vue strictement sécuritaire, vous avez tort de contester cette formulation "se justifient techniquement à l'aune de la protection d'un peuple", ou alors vous sous-estimez l'importance et le poids qu'ont eu les actions palestiniennes. Aucun peuple ne peut vivre dans l'angoisse. et même si je pense que le comportement d'Israël est sur les plans territoriaux et de colonisation absolument inadmissible, je ne peux, si je veux avoir un regard objectif, récuser son droit à la sécurité. Mon petit texte tentait d'exprimer cette position honnêtement, et SAUF A CONSIDERER QUE LA RESOLUTION 181 DECIDANT DE LA CREATION DE CES 2 ETATS EN PALESTINE, N'A PAS DE VALEUR, l'on pourrait disserter jusqu'à la fin des temps, pour définir sur le mode de la poule et de l'œuf, à quel moment commencent les responsabilités de tout ce gâchis: lorsque la partie arabe refuse la résolution et engage le conflit, lorsque Israël ne perd pas le premier conflit, etc

Quant à l'avenir, j'utilise le mot de "rêve", de "seul rêve qui permettrait de concilier tous les rêves de chacun depuis un siècle". Y en a t-il un autre qui le permettrait ?

Merci pour les liens, je vais me plonger dans votre travail. Cordialement.
Avatar de facetus
Par facetus - 14/03/2010 à 01:33
"L'un, arabe, de confession musulmane, qui vit sur cette terre depuis des millénaires"

Des millénaires, cela fait beaucoup trop. L'Islam a été créé au VIIe siècle et les croisés ont perdu la Palestine au VIIIe siècle.
Avatar de facetus
Par facetus - 14/03/2010 à 02:42
Je suis d'accord avec Sergelefort. Je ne vois pas comment on pourrait inverser la tendance des 60 dernières années qui aboutit à la situation qu'il a bien résumée. Si l'on continue comme cela, dans 100 ou 150 ans, les territoires palestiniens auront été avalés par Israël et l'on aboutira en effet à un seul pays mais pas le rêve de tous...

Le seul espoir côté palestinien pourrait être sur le plan démographique: "les Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza (6 enfants par femme), ou d’Israël (4,2 enfants), jouissent d’un capital de croissance trois à quatre fois plus élevé que celui de la population juive, pourtant très féconde (2,6 enfants)".
http://www.monde-diplomatique.fr/1999/04/COURBAGE/11902

Cependant, les chiffres sur la démographie sont à prendre avec précaution car ils font cette fois l'objet d'une guerre de l'information.

Pour une analyse détaillée:
Demography in Israel/Palestine: Trends, Prospects, Policy Implications (2001)
http://www.iussp.org/Brazil2001/s60/S64_02_dellapergola.pdf
Avatar de Orange
Par Orange - 14/03/2010 à 08:14
Facetus, les millénaires, etc Tu as raison, il est le direct descendant des juifs de Palestine qui vers le 7ème siècle ont été convertis à l'Islam. Donc, eux, qui sont en 1920 musulmans, vivent bien là depuis des millénaires, à l'inverse des juifs européens qui ont pourtant grosso modo les même ancêtres.
Avatar de facetus
Par facetus - 14/03/2010 à 01:53
En tous cas, bravo pour la présentation du sujet et la vidéo!

Avatar de Sergelefort
Par Sergelefort - 14/03/2010 à 19:48
Serge LEFORT : Il faut encore préciser que l'État d'Israël n'a jamais respecté le plan de partage de 1947 ni les résolutions de l'ONU.

Dequoijememele : Pour le troisième, c'est faux. A sa création, l'Etat d'Israël s'est constitué sur la base d'une acceptation constitutionnelle sans condition de la résolution 181, dont celles des frontières de partage inclues. Le lendemain, la guerre lui était déclarée et ensuite, de victoire en victoire, il a occupé et annexé d'autres territoires. Personne ne saura jamais si Israël serait resté dans les frontières de sa création s'il n'avait pas été attaqué et si un Etat Palestinien avait simultanément été créé dans les 11500 km2 voisins.

Serge LEFORT : Dans l'esprit de Ben Gourion, les frontières définies par le plan de partage, n'étaient qu'un début. L'objectif des sionistes était et reste d'occuper toute la Palestine mandataire, donc de ne pas respecter le plan de partage entre les deux peuples.
Lire : ENDERLIN Charles, Par le feu et par le sang, le combat clandestin pour l'indépendance d'Israël 1936-1948, Albin Michel, 2008.
Voir Archives INA :
• 13/03/1947, Attentat terroriste du groupe Irgoun http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&id_notice=AFE85002389
• 13/05/1947, Attentat terroriste du groupe Stern http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&id_notice=AFE00002034
• 15/01/1948, Attentat terroriste du groupe Haganah http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&id_notice=AFE85001854
• 23/09/1948, Attentat terroriste du groupe Stern http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&id_notice=AFE85002130

Sur le mythe du gentil État d'Israël agressé par les méchants arabes et donc qui aurait occupé et annexé d'autres territoires sans le vouloir.
Lire les historiens israéliens :
• MORRIS Benny, Victimes - Histoires revisitée du conflit arabo-sioniste, Complexe, 2003.
• PAPPÉ Ilan, La guerre de 1948 en Palestine - Aux origines du conflit israélo-arabe, La Fabrique, 2000.
• SAND Shlomo, Comment le peuple juif fut inventé, Fayard, 2008.
Résumé : VIDAL Dominique, L'expulsion des Palestiniens revisitée par des historiens israéliens, Le Monde diplomatique http://www.monde-diplomatique.fr/1997/12/VIDAL/9613

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Serge LEFORT : La politique sécuritaire est un alibi pour ne pas reconnaître les droits du peuple palestinien.
Comment comparer la violence de la résistance palestinienne et celle de l'État israélien - la guerre barbare contre Gaza par exemple ?

Dequoijememele : Pour la quatrième, d'un point de vue strictement sécuritaire, vous avez tort de contester cette formulation "se justifient techniquement à l'aune de la protection d'un peuple", ou alors vous sous-estimez l'importance et le poids qu'ont eu les actions palestiniennes. Aucun peuple ne peut vivre dans l'angoisse.

Serge LEFORT : Vous avez raison "aucun peuple ne peut vivre dans l'angoisse" c'est bien pourquoi les israéliens cesseront de vivre dans l'angoisse lorsque l'État d'Israël appliquera intégralement le plan de partage (solution à deux États) ou accordera les mêmes droits politiques, économiques et sociaux aux Palestiniens qu'aux Israéliens (solution à un État).

On doit reconnaître à la fois la souffrance des Israéliens, otages de la politique politicide de ses dirigeants [KIMMERLING Baruch, Politicide - Les guerres d'Ariel Sharon contre les Palestiniens, Agnès Viénot, 2003], et la souffrance des Palestiniens qui vivent dans l'angoisse quotidienne de l'occupation : les barrages pour se rendre d'un point à un autre, les bouclages, la destruction de maisons et d'oliviers, la pression des colons armés et protégés par l'armée, la réquisition des terres, les bombardements, etc., etc., etc.

Voir par exemple : La couleur des oliviers http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=132199.html
Lire surtout la presse israélienne [ http://www.haaretz.com/ ] et celle des mouvements israéliens contre l'occupation [ http://lou.quetiero.free.fr/2.DOSSIERS/ResistancePalestine.Israel.html#Mouvements ].

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Merci de m'avoir donné l'idée de réaliser un dossier sur 1948 - du point de vue israélien ET palestinien.

Avatar de Dequoijememele
Par Dequoijememele - 15/03/2010 à 00:44
Serge, merci pour tous ces compléments. L'immense difficulté sur ce sujet est d'arriver à l'aborder en évitant l'écueil du manichéisme. Et c'est terriblement difficile. La seule façon est de s'en tenir aux faits. Sur nombre de ces points "historiques", l'on sait par exemple que dans les deux camps il y avait, il y a, des tendances divergentes, parfois des conflits, parfois même des guerres de pouvoir, des modérés, des extrémistes, des gagnants de telle ligne, des perdants de telle autre, etc. Et que les politiques appliquées par telle tendance arrivée au pouvoir n'était pas nécessairement celle engagée par telle autre. Je vais passer un peu de temps pour réunir quelques données de référence, qui complèteront notre petit débat, en réponse à certaines divergences sur la forme, mais sur le fond, nous sommes sur la même ligne. Je vous ferai signe. A+
Avatar de Ryo
Par Ryo - 15/03/2010 à 21:18
orange
si ce que Martin Van-Crevel dit est vrai, mais c'est horrible, tu n'es pas inquiet toi ? israel aurai l'intention de les ejecter et d'user du fezu nucleaire pour garder les pays democratique a distance j'avais deja lu des articles dans ce sens mais dit de maniere aussi claie ca fait froid dans le dos non ?c 'est vrai que l'otan etait intervenu en serbie justement pour empecher un deplacement de population est ce que ici en europe on ne serai pas entraind d aller au devant de gros probleme a force de soutenir israel sans condition? et je m exuses de revenir avec ca mais quand tu lis ca tu te dis vraiment que c est l'iran le plus dangereux ?
j'aimerai une reponse de facetus et orange svp merci

Avatar de Orange
Par Orange - 15/03/2010 à 22:54
S'il fallait prendre au sérieux cette interview, c'est effectivement une histoire absolument démente ! J'ai passé un peu de temps à rechercher des sources complémentaires et, malheureusement, je n'ai trouvé AUCUN media "majeur" qui ait cité cette interview, ni de video de cette interview. Ne parlant pas hébreu, je ne suis pas arrivé non plus à remonter sur la radio elle même, parfois dans les progarmmes, l'on retrouve des enregistrements, ... Ce n'est que sur des media (sites, forums "partisans" anti israéliens, anti sémites - palestiniens, tiers-mondistes, ...) que j'ai trouvé la reprise toujours du même communiqué. Donc, franchement, je m'interroge sur sa réalité, il y a sur ce thème, tellement de rumeurs ...

Mais dans l'hypothèse même où cette interview serait réelle, elle pourrait n'être que la révélation d'un scénario, comme il en existe dans tous les services secrets du monde: des évaluations de multiples stratégies ...

Il n'empêche, que comme toi, je suis éberlué ...
Avatar de facetus
Par facetus - 15/03/2010 à 23:37
On ne peut pas prendre pour crédibles des articles venant de rense.com. Ce n'est que l'intoxication, de l'information de caniveau.
Orange, je suis surpris que tu aies publié un tel article sans avoir vérifié.

Le transfert des arabes est tout absolument impossible à mettre en oeuvre (ils représentent la moitié des 10 millions de personnes vivant dans la région) sans parler du scandale que cela entrainerait.
Ensuite, pointer des missiles sur l'Europe (et pourquoi pas un sous-marin nucléaire attaquant les USA aussi?), voilà bien une idée complètement absurde et ridicule. Le but est ici clairement de manipuler les opinions.
Enfin, prétendre qu'Israël serait la 2 ou 3 puissance militaire est tout aussi absurde.
Avatar de Orange
Par Orange - 16/03/2010 à 09:35
Tu as raison, Facetus, quant au caractère dément de ces déclarations de Van-Crevel. Mais ce bonhomme existe et a une audience en Israël, de part ses fonctions universitaires et de conseil en stratégie militaire. Cette déclaration est développée depuis deux mois un peu partout sur le web, et je n'ai trouvé aucune infirmation par l'intéressé. Bien qu'ayant un intérêt pour illustrer les dérives extrêmes qui entourent ce débat israelo-palestinien, j'en conviens, elle n'a pas à bénéficier d'un tel développement dans le contexte de cette page, et je demande à l'administration du site de la réduire à la seule référence des liens.
Avatar de Ryo
Par Ryo - 15/03/2010 à 23:42
facetus et orange

merci pour vos reponses, cette interview etait quand meme scandaleuse

Avatar de Ryo
Par Ryo - 15/03/2010 à 23:45
orange

pourquoi dis tu que la solution a deux etats est plus vraiment valable ? je suis pas tres calé sur le dossier palestiniens en cis-jordanie pkoi on voit sur les carte cette espece d archipele decoupé comme du gruere est ce des colonies ?il y a des colonie meme a cote du jourdain ?

Avatar de Orange
Par Orange - 16/03/2010 à 20:56
Ryo, comme l'a développé deQuoijememele dans son article, la situation sur le terrain est telle qu'actuellement, même avec de petits compromis, la viabilité d'un Etat Palestinien autonome est de moins en moins claire, compte tenu de l'imbrication de plus en plus complexe entre les habitats israéliens et palestiniens et des ruptures entre des parcelles de ce nouvel Etat.

Donc, l'une des solutions est, sous une forme juridique ou une autre, d'une forme de fédération de deux entités sur l'ensemble de la Palestine. C'est un sujet qui n'est pas nouveau, mais qui pourrait devenir la seule solution qui pourrait contenter les deux parties. Mais le plus grand handicap à ce projet, tient dans les extrémistes, des deux côtés, qui dans une vision d'un "nationalisme" intégriste, sont totalement opposés à une telle solution.
Dans l'un des liens que Serge Lefort a posté, il a réuni une série d'articles sur ce thème d'un seul Etat Binational : http://lou.quetiero.free.fr/2.DOSSIERS/Palestine-Israel.Etat.html


Sinon, pour avoir une vision claire de la situation des colonies, des différentes zones à statuts différents, le mieux c'est de se plonger dans les cartes. Celles du Monde Diplomatique (par Philippe Rekacewicz) sont excellentes:

http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/cisjordanie

et sinon, de nombreuses autres cartes sur le thème d'Israël et les Palestiniens, au chapitre "Proche-Orient":

http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/
Avatar de Ryo
Par Ryo - 16/03/2010 à 22:27
orange

voyons soyons serieux les israeliens veulent qu israel soit reconnu comme l etat du peuple juif ils ne vont jamais absorber les 4 millions de palestiniens DES TERRITOIRES qui vont former quelque 5 millions avec les arabes israeliens,israel n en voudra jamais, si l etat n est pas viable comme tu dis dans 20 ans israel sera un etat d appartheid alors ?

OU Y A UNE AUTRE POSSIBILITE ?

Avatar de facetus
Par facetus - 17/03/2010 à 12:23
C'est déjà le cas et je ne vois rien qui pourrait faire inverser la tendance.
Avatar de Ryo
Par Ryo - 17/03/2010 à 19:05
facetus,
sois plus claire je comprend pas ce que tu veux dire

Avatar de facetus
Par facetus - 19/03/2010 à 15:50
Une forme d'apartheid
Avatar de Orange
Par Orange - 17/03/2010 à 20:51
Ryo, Facetus, il y a un élément que vous ne semblez pas prendre en compte, c'est que l'impasse dans laquelle sont placés les deux communautés est à terme INVIVABLE et que qu'elles DEVRONT trouver une solution. Il y a celle d'un Etat séparé, vraiment, c'est de plus en plus impossible, sauf si Israël revenait en arrière sur 30 à 40 % de ce qu'il a investi, il y a celle absurde introduite par Van-Crevel, puis il y a celle-ci, qui est loin d'être la plus complexe, des solutions juridiques et constitutionnelles pourraient permettre une cohabitation dans une sorte de confédération. A un certain moment c sera peut-être la seule solution. A condition,bien-sûr que les éléments les plus extrémistes de chaque camp soient assimilés ...

Avatar de facetus
Par facetus - 19/03/2010 à 16:24
Une confédération de personnes de culture et religion différentes, qui se détestent et s'entretuent? Quelle belle utopie!

Surtout, pour le peuple juif, la situation actuelle est parfaitement vivable. En outre, les palestiniens constituent une bonne main d'oeuvre bon marché.

D'ailleurs le principal problème des juifs en Israël n'est pas les arabes mais ironiquement peut-être la concentration des juifs eux-mêmes. Des juifs habitant en Israël m'e racontaient qu'ils sont comme de l'engrais. Ils sont solidaires, font des choses formidables en petite quantité mais s'il y en a trop, ce n'est pas efficace, ils n'arrêtent pas de se battre entre eux...
Avatar de Ryo
Par Ryo - 17/03/2010 à 21:07
orange,
et dans ce cas , qui devrait gouverner? juifs ou arabes ?

Avatar de Orange
Par Orange - 23/04/2010 à 23:53
dans cette hypothèse, il faudrait que ce soit une forme de fédération composée de deux entités ayant sur la plupart des sujets une grande autonomie, seuls quelques pouvoirs régaliens revenant au niveau d'une instance commune ... difficile à imaginer, mais, l'est-ce vraiment moins que deux états viables ?


voici une synthèse de l'historique de cette idée d'un état binational:

http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tat_bi-national
Avatar de Dequoijememele
Par Dequoijememele - 18/03/2010 à 12:09
Voici, jusqu'en 2007, une synthèse chronologique de 3000 ans d'histoire Juive:


XVIIIe-XVIe siècles av. J.-C.
Les Hébreux, peuple sémitique dont le nom (Ibrim) signifie « ceux d’au-delà » (de l’Euphrate ?) émigrent de Mésopotamie pour s’installer en pays araméen (actuels Syrie et Liban).

XVe-XIIe siècles av. J.-C.
Une des tribus des Hébreux, les fils d’Israël, transhume pour l’Égypte. Opprimés, ses descendants, après une longue errance dans le désert, conquièrent le pays de Canaan (nom biblique de la Phénicie-Palestine, la « Terre promise ») où ils se sédentarisent.

1020 av. J.-C.
Saül est le premier roi des Israélites. En raison du déclin de l’Assyrie et de l’Égypte, son royaume prospère sous ses successeurs, David qui fait de Jérusalem la capitale du peuple hébreu, puis Salomon qui y bâtit le Temple.

932 av. J.-C.
À la mort de Salomon, schisme entre les tribus du Nord, qui forment le royaume d’Israël autour de la Samarie, et celles du Sud, qui forment le royaume de Juda autour de Jérusalem.

721 av. J.-C.
Chute de la Samarie devant les Assyriens et fin du royaume d’Israël.

587-586 av. J.-C.
Prise de Jérusalem par le roi Nabuchodonosor, destruction du Temple et déportation des Judéens à Babylone.

539 av. J.-C.
Prise de Babylone par le roi perse Cyrus qui autorise le retour d’exil et la reconstruction du Temple.

IVe-IIe av. J.-C.
Israël devient une communauté religieuse sous administration perse puis séleucide.

63 av. J.-C.
Siège de Jérusalem par Pompée, conquête romaine de la Judée.

40 av. J.-C.
Hérode est proclamé roi des Juifs à Rome. Il règne en Judée de 37 à 4 av. J.-C.

70
Jérusalem est prise par les légions romaines sous les ordres de Titus. Seconde destruction du Temple.

132-135
Dernière révolte des Juifs conduits par Bar Kohba contre les Romains. Jérusalem est rasée et interdite aux Juifs qui se dispersent autour de la Méditerranée. La Judée devient la Syrie-Palestine.

634-636
Conquête de la Palestine par les Arabes et, en 691, construction à Jérusalem du Dôme du Rocher sur le site du Temple de Salomon.

1099
Prise de Jérusalem par les croisés, la ville est reconquise par Saladin Ier en 1187.

1516
Le sultan Selim Ier conquiert Jérusalem. La Palestine passe sous la domination de l’Empire ottoman, jusqu’en 1917

1791
En France, l’Assemblée nationale vote l’émancipation des Juifs qui deviennent citoyens français.
En Russie, Catherine II instaure une zone de résidence pour les Juifs de l’Empire russe sur un territoire qui va de la Baltique à la mer Noire.

1799
Expédition de Napoléon Bonaparte en Palestine.

1815-1870
Émancipation progressive des Juifs en Europe occidentale.

1862
En Allemagne, Moses Hess, ami de Karl Marx et Friedrich Engels, publie Rome et Jérusalem, ouvrage précurseur du sionisme.

1870
En France, le décret Crémieux, du nom du ministre de la Justice, accorde la citoyenneté française aux Juifs d’Algérie.

1881-1883
Une série de pogroms en Russie, consécutifs à l’assassinat du tsar Alexandre II, entraîne une première vague d’immigration (aliya, littéralement « la montée ») de plusieurs dizaines de milliers de Juifs vers la Palestine.

1881
Eliezer Ben Yehouda, un juif originaire de Lituanie, s’installe en Palestine où il entreprend de créer l’hébreu moderne afin d’en faire la langue nationale des Juifs.

1882
Leo Pinsker, un médecin juif d’Odessa, publie L’Auto-émancipation qui préconise l’édification d’un État juif comme solution à l’antisémitisme.

1892
À Vienne, Nathan Birnbaum fonde Kadima, la première organisation étudiante juive. Il est le premier à employer le terme de « sionisme » en référence à Sion, une colline de Jérusalem, symbole de la volonté de retour des Juifs à la Terre promise.

1896
Journaliste juif d’origine hongroise, Theodor Herzl publie à Vienne L’État des Juifs après avoir assisté à Paris au déclenchement de l’affaire Dreyfus. Considérant que l’assimilation du peuple juif est impossible en raison de l’antisémitisme, il propose la création d’un État juif. En 1897, il convoque à Bâle le premier Congrès sioniste au cours duquel est créée l’Organisation sioniste mondiale.

1901
Création du Fonds national juif destiné à acheter des terres en Palestine.

1904-1914
Deuxième aliya de 40 000 immigrants en provenance de l’Empire russe qui créent de nombreuses colonies et développent le courant socialiste du sionisme.

1905
Adoption définitive par le Congrès sioniste réuni à Bâle de la proposition d’établissement d’un foyer national juif en Palestine.

1916
Accord secret Sykes-Picot aux termes duquel la France et la Grande-Bretagne, anticipant l’effondrement de l’Empire ottoman, se partagent le Moyen-Orient.

1917
La révolution de Février abolit toutes les discriminations à l’égard des Juifs de l’Empire russe.
Lord Arthur James Balfour, ministre britannique des Affaires étrangères, promet l’établissement d’un foyer national pour le peuple juif en Palestine.

1919-1922
Troisième aliya de 35 000 Juifs de Galicie et de Russie.

1920
Création de la Haganah, réseau d’autodéfense clandestin, ossature de la future armée israélienne.

1922
La Société des Nations (SDN) accorde aux Britanniques un mandat sur la Palestine avec Jérusalem comme capitale et intègre la déclaration Balfour de 1917 parmi les obligations de la puissance mandataire.

1924-1928
Quatrième aliya d’environ 60 000 Juifs.

1929
Affrontements entre Juifs et Arabes. Massacre de la communauté juive d’Hébron.

1933-1939
Cinquième aliya composée d’environ 250 000 Juifs allemands fuyant le nazisme.

1936-1939
Révolte arabe qui donne lieu à des attaques contre la population juive, à une grève générale et à des affrontements avec les troupes britanniques. En 1937, une commission d’enquête sur les « violences au Proche-Orient » (dite commission Peel) recommande pour la première fois la partition de la Palestine.

1939
À la veille de la Seconde Guerre mondiale, la Grande-Bretagne publie un Livre blanc qui limite à 75 000 personnes pendant cinq ans l’immigration juive en Palestine.

1939-1945
Seconde Guerre mondiale. Extermination des Juifs dans l’Europe occupée par l’Allemagne nazie.

1942
Conférence à l’hôtel Biltmore (New York) au cours de laquelle David Ben Gourion réclame au nom de l’organisation sioniste la création d’un « Commonwealth » juif en Palestine mandataire.

1946
À Jérusalem, un attentat contre l’hôtel King David, quartier général britannique en Palestine, commis par l’organisation extrémiste juive Irgoun, fait une centaine de morts.

1947
Un bateau transportant des Juifs survivants de la Shoah émigrant clandestinement d’Europe, l’Exodus, est refoulé par les autorités britanniques en arrivant en Palestine. L’affaire bouleverse le monde.
La Grande-Bretagne décide de porter la question de la Palestine devant l’Organisation des Nations Unies (ONU). Celle-ci présente un plan de partage qui prévoit la coexistence d’un État juif souverain (sur 55 % de la Palestine mandataire) et d’un État arabe souverain et un corpus separatum pour Jérusalem et Bethléem. Le plan est adopté en dépit de l’opposition des Arabes (résolution 181). Il entraîne de violents combats entre les deux parties.

1948
Massacre dans le village arabe de Deir Yassine près de Jérusalem, commis par les troupes de l’Irgoun de Menahem Begin et du Lehi de Yitzhak Shamir, qui fait 110 morts.
Fin du mandat britannique. David Ben Gourion proclame l’indépendance de l’État d’Israël le 14 mai. La création de l’État hébreu provoque l’entrée en guerre immédiate de l’Égypte, de la Transjordanie, de la Syrie, du Liban et de l’Irak qui envahissent le pays.
Reconnaissance de l’État hébreu par les États-Unis et l’URSS. Assassinat par un commando du Lehi du médiateur des Nations Unies, le comte suédois Folke Bernadotte.
Vote de la résolution 194 de l’Assemblée générale des Nations Unies qui se prononce en faveur du droit au retour, ou de l’indemnisation, des réfugiés arabes palestiniens.

1948-1951
Grande aliya : près de 700 000 Juifs émigrent en Israël en provenance des pays arabes et d’Europe centrale et orientale.

1948-1963
David Ben Gourion occupe les fonctions de Premier ministre, à l’exception d’un éphémère retrait en 1954-1955.

1949
Fin de la première guerre israélo-arabe. Israël repousse les frontières dessinées par l’ONU et occupe notamment la partie ouest de Jérusalem. Armistice avec l’Égypte, le Liban, la Transjordanie et la Syrie. Plus de 750 000 Palestiniens sont contraints à l’exil.
Admission d’Israël aux Nations Unies.

1950
La Knesset adopte la « loi du retour » en vertu de laquelle tout Juif peut immigrer en Israël et devenir citoyen israélien.
En violation des accords d’armistice et des résolutions de l’ONU, Israël fait voter une loi qui déclare Jérusalem capitale de l’État hébreu.
La Jordanie annexe la Cisjordanie.

1951
Création du Mossad, le service de renseignement israélien.

1952
Signature de l’accord de Luxembourg entre Israël et la République fédérale d’Allemagne sur l’indemnisation des victimes du nazisme. Les relations diplomatiques entre les deux pays sont établies en 1965.

1956
Force d’urgence des Nations unies dans la péninsule du Sinaï (Égypte) en 1957.

Crise de Suez. Alliance d’Israël avec la Grande-Bretagne et la France contre l’Égypte de Gamal Abdel Nasser. L’armée israélienne occupe la bande de Gaza et la péninsule du Sinaï, mais doit se retirer sous la pression des États-Unis et de l’URSS.
Mise en place d’une alliance militaire et nucléaire entre la France et Israël.

1959
Yasser Arafat fonde un mouvement de libération de la Palestine, le Fatah.

1964
Création de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

1967
Guerre des Six Jours déclenchée par Israël contre l’Égypte, la Syrie et la Jordanie. L’État hébreu occupe le Sinaï, la bande de Gaza, la Cisjordanie, le plateau du Golan ainsi que Jérusalem-Est. Nouvel exode d’environ 250 000 Palestiniens. L’URSS et les États du bloc soviétique, à l’exception de la Roumanie, rompent leurs relations diplomatiques avec Israël.
Le Conseil de sécurité des Nations Unies adopte la résolution 242 qui reconnaît le droit pour les États de la région de vivre en paix à l’intérieur de frontières sûres et reconnues, exige le retrait des forces israéliennes de ou (suivant des interprétations divergentes) des territoires occupés lors du conflit, et demande un juste règlement du problème des réfugiés palestiniens.

1968
Début d’une guerre d’usure entre l’Égypte et Israël le long du canal de Suez jusqu’en 1970.

1969
Golda Meir (Parti travailliste) devient Premier ministre.

1970
Affrontements entre l’OLP et l’armée jordanienne à la suite de détournements d’avions par des commandos palestiniens. L’OLP est expulsée de Jordanie et se replie au Liban. Après ces événements dits de «Septembre noir», une organisation palestinienne éponyme est créée. Elle effectue plusieurs opérations dont l’assassinat d’athlètes israéliens lors des Jeux olympiques de Munich en 1972. Mort de Gamal Abdel Nasser.

1973
Quatrième guerre israélo-arabe dite guerre du Kippour (ou du Ramadan). Les armées syrienne et égyptienne attaquent simultanément Israël pour reconquérir le Golan et le Sinaï. Victoire d’Israël qui, un instant menacé, a repris l’initiative au bout d’une semaine de combats.
Adoption de la résolution 338 du Conseil de sécurité des Nations Unies qui réaffirme la validité de la résolution 242 et appelle au cessez-le-feu et à des négociations en vue « d’instaurer une paix juste et durable au Moyen-Orient ».

1974
Démission de Golda Meir. Yitzhak Rabin lui succède comme Premier ministre.

1975
À l’initiative des pays arabes, africains et du bloc soviétique, l’Assemblée générale des Nations Unies adopte une résolution assimilant le sionisme à une forme de racisme et de discrimination raciale.

1977
Après la première victoire du parti de droite, le Likoud, aux élections législatives, Menahem Begin devient Premier ministre. Visite du président égyptien Anouar el-Sadate à Jérusalem.

1978
Intervention militaire israélienne au sud du Liban contre des bases arrières palestiniennes.
Signature des accords de Camp David entre l’Égypte et Israël, condamnés par le sommet arabe de Bagdad.

1979
Signature du traité de paix israélo-égyptien à Washington.
Le Premier ministre israélien Menahem Begin et le président égyptien Anouar el-Sadate reçoivent le prix Nobel de la paix.

1980
La Knesset adopte une loi fondamentale qui proclame Jérusalem « réunifiée » capitale éternelle d’Israël, ce qui n’est pas reconnu sur le plan international.

1981
Israël bombarde le réacteur nucléaire irakien Osirak. Guerre israélo-palestinienne à la frontière libanaise. Bombardements israéliens de Beyrouth.
Israël annexe le plateau du Golan. Cette annexion n’est pas reconnue sur le plan international.

1982
Fin de l’évacuation du Sinaï par Israël. Invasion du Liban par les forces armées israéliennes dans le cadre de l’opération Paix en Galilée.
Massacre par des milices libanaises chrétiennes de Palestiniens dans les camps de Sabra et Chatila situés dans une zone sous contrôle israélien.

1983
Signature d’un traité de paix entre le Liban et Israël, dénoncé l’année suivante par les autorités libanaises.

1984
Opération Moïse : transfert en Israël de plusieurs dizaines de milliers de juifs éthiopiens, les Falachas.

1985
Israël achève de se retirer du Liban, à l’exception d’une zone de sécurité au Sud où le Hezbollah notamment poursuit ses actions contre le nord d’Israël. Raid israélien contre le quartier général de l’OLP à Tunis.

1986
Le Sunday Times publie des informations sur l’existence d’un arsenal nucléaire israélien.

1987
Début de la première Intifada ou «guerre des pierres» à Gaza puis en Cisjordanie (jusqu’en 1992).

1988
La Jordanie renonce officiellement à sa souveraineté sur la Cisjordanie au profit de l’OLP.
L’OLP proclame à Alger l’État indépendant de Palestine avec Jérusalem comme capitale et reconnaît les résolutions 181, 242 et 338 des Nations Unies.

1989-1992
Grande vague d’immigration en provenance de l’Union soviétique : 500 000 Juifs arrivent en Israël.

1991
Guerre du Golfe. Sous la pression des États-Unis, Israël ne riposte pas aux attaques de missiles irakiens.
L’URSS rétablit ses relations diplomatiques avec Israël. Conférence de paix à Madrid qui réunit pour la première fois l’ensemble des parties de la région (délégations syrienne, libanaise, jordano-palestinienne et israélienne). Annulation par l’Assemblée générale des Nations Unies de la résolution de 1975 assimilant le sionisme à une forme de racisme.

1992
Le travailliste Yitzhak Rabin devient Premier ministre.

1993
À la suite des pourparlers secrets tenus à Oslo, l’OLP et Israël se reconnaissent mutuellement et signent à Washington une déclaration de principes qui prévoit une autonomie progressive des territoires de Cisjordanie et de Gaza et un règlement définitif du conflit à l’issue d’une période de cinq ans.
Accord de reconnaissance entre Israël et le Vatican et établissement de relations diplomatiques.

1994
Première vague d’attentats de type « kamikaze » perpétrés en Israël par le Hamas et le Djihad islamique.
Création de l’Autorité palestinienne.
À Hébron, au caveau des Patriarches, un colon extrémiste juif tue 29 Palestiniens. Le prix Nobel de la paix est décerné à Yasser Arafat, Shimon Peres et Yitzhak Rabin.
Signature d’un traité de paix entre Israël et la Jordanie.

1995
Signature des accords Oslo II relatifs à l’extension de l’autonomie palestinienne. Assassinat du Premier ministre israélien, Y. Rabin, par un extrémiste juif.

1996
Yasser Arafat est élu premier président de l’Autorité palestinienne.
Shimon Peres lance l’opération Raisins de la colère contre le Liban pour répondre aux tirs de roquettes du Hezbollah.
Benyamin Nétanyahou (Likoud) devient Premier ministre. Le Conseil national palestinien retire de la charte de l’OLP les articles remettant en cause le droit à l’existence de l’État d’Israël.
Signature d’un accord de coopération militaire et d’échanges de haute technologie entre Israël et la Turquie.
Des travaux en contrebas de l’esplanade des Mosquées, par la municipalité juive de Jérusalem, provoquent de graves violences et une vague d’attentats meurtriers. Première visite officielle de Y. Arafat en Israël.

1998
Signature du mémorandum de Wye Plantation relatif à la mise en œuvre de l’Accord intérimaire sur la Cisjordanie et la bande de Gaza.
Le gouvernement israélien entérine le plan du Grand Jérusalem proposé par le Premier ministre B. Nétanyahou.

1999
Ehoud Barak, travailliste, devient Premier ministre. Reprise des pourparlers israélo-syriens, interrompus depuis 1996, à Washington.

2000
Échec du sommet de Camp David II entre Y. Arafat, E. Barak et B. Clinton dont le but était d’aboutir sur les grandes lignes d’un règlement définitif du conflit israélo-palestinien.
Israël se retire du Liban-Sud après vingt-deux ans d’occupation. Début de la seconde Intifada (Intifada al-Aqsa) dans les territoires palestiniens après la visite d’Ariel Sharon sur l’esplanade des Mosquées.

2001
Reprise des négociations israélo-palestiniennes à Taba (Égypte) sur la base de nouveaux paramètres élaborés par B. Clinton. Échec du sommet.
Victoire électorale du Likoud. A. Sharon devient Premier ministre.
A. Sharon décide de rompre tout contact avec Y. Arafat qui est confiné dans son quartier général de Ramallah par l’armée israélienne.

2002
À Beyrouth, sommet de la Ligue arabe qui adopte un plan de paix offrant à Israël une normalisation de ses relations avec le monde arabe en échange d’un retrait total des territoires occupés depuis 1967. Un attentat suicide provoque au même moment le lancement de l’opération Rempart par l’armée israélienne qui réoccupe la Cisjordanie.
Le gouvernement de A. Sharon lance la construction d’une barrière de séparation entre la Cisjordanie et Israël.
Le Conseil de sécurité des Nations Unies adopte la résolution 1397 qui mentionne pour la première fois la perspective de la coexistence de deux États, Israël et la Palestine.
L’armée israélienne lève le siège de Ramallah. Fin de la réclusion de Y. Arafat.

2003
Le Quartet – Nations Unies, Union européenne, États-Unis et Russie – adopte une « feuille de route » qui établit un plan par étapes pour la création d’un État palestinien en 2005.
Signature de l'initiative de Genève, plan de paix non officiel établi par Yossi Beilin et Yasser Abd Rabbo, anciens ministres israélien et palestinien.

2004
Annonce par A. Sharon d’un plan de retrait unilatéral de la bande de Gaza et de quatre implantations-colonies de Cisjordanie.
La Cour internationale de justice considère contraire au droit international la barrière de séparation érigée par Israël, position reprise par l’Assemblée générale des Nations Unies.
Assassinat de Cheikh Yassine, le fondateur du Hamas, par l’armée israélienne. Décès de Y. Arafat à Paris.

2005
Le nouveau leader du Fatah, Mahmoud Abbas, est élu président de l’Autorité palestinienne.
Retrait israélien de la bande de Gaza.

2006
Le Premier ministre A. Sharon, victime d’une attaque cérébrale, est remplacé par Ehoud Olmert.
Le Hamas remporte les élections législatives dans les territoires palestiniens. Ismaël Haniyeh devient Premier ministre. Israël décrète des sanctions économiques contre l’Autorité palestinienne. Les États-Unis et l’Union européenne annoncent la suspension de l’aide directe au gouvernement palestinien.
Israël lance une vaste offensive contre la bande de Gaza après l’attaque d’un commando palestinien qui a tué deux soldats israéliens et en a enlevé un troisième. L’armée israélienne déclenche une offensive aérienne et maritime contre le Hezbollah au Liban après l’enlèvement de deux soldats et la mort de huit autres lors d’une opération revendiquée par le Hezbollah. Cessation des combats au bout d’un mois après l’adoption de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations Unies.

2007
Le Hamas prend le contrôle de la bande de Gaza. Mahmoud Abbas décrète l’état d’urgence.
Démission du président israélien Moshe Katsav à la suite de démêlés judiciaires. Il est remplacé par Shimon Peres.

2008
L’État hébreu commémore son soixantième anniversaire.



(Source : Questions internationales n° 28, La Documentation française, novembre-décembre 2007)

Avatar de facetus
Par facetus - 19/03/2010 à 16:09
Bravo pour cette excellente chronologie!

Si l'on devait se baser sur des faits culturels et historiques, il est apparait que les juifs ont plus de légitimité. Cependant, les aléas de l'histoire, les guerres et les conquêtes font que les choses ne sont pas immuables. Jusqu'au VIIe siècle qui a vu la création de l'Islam et les invasions arabes, il n'y avait pas d'arabe en Afrique. Aujourd'hui, on verrait mal les grecs, romains ou les héritiers des phéniciens et carthaginois revendiquer les territoires d'Afrique du Nord...

Aussi, c'est une autre règle qui est valide pour Israël: l'histoire est écrite par les vainqueurs et le peuple juif est pour une fois depuis longtemps le vainqueur sur ce territoire.
Avatar de Orange
Par Orange - 24/04/2010 à 00:00
Voici un article intéressant sur ce sujet; il date de mi 2003, mais il garde une certaine actualité, même si aujourd'hui, je crois, il serait beaucoup plus pessimiste ...

L’Etat bi-national : le loup doit vivre avec l’agneau - par Uri Avnery

http://www.lapaixmaintenant.org/article493