Francophonie, de 3 % de la population mondiale en 2010, vers environ 7 % en 2050 !

Par Utopia, il y a 663 jours

Francophonie, de 3 % de la population mondiale en 2010, vers environ 7 % en 2050 !

En 2010, 200 millions de francophones, soit environ 3% de la population mondiale.

En 2050, ils seront 700 millions, soit environ 7 % de la population mondiale !


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Agora: La francophonie de demain

Essai de mesure démographique d'ici 2050

Richard Marcoux - Professeur titulaire au département de sociologie de l'Université Laval et coordonnateur du Réseau Démographie de l'Agence universitaire de la francophonie 24 novembre 2004

Dans le futur, quel pourrait bien être l'effectif de la population appartenant à la francophonie? Quelle sera sa répartition géographique dans les décennies à venir? Dans un contexte où «mondialisation» semble rimer avec «anglicisation», dans la mesure où l'anglais s'i [...] Tout lire

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Par facetus - 12/04/2010 à 00:32
Cela n'aura que très peu d'impact puisque cette croissance se fera dans des pays très pauvres qui n'ont aucun rayonnement culturel ou économique.

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Par Orange - 12/04/2010 à 08:59
C'est vrai que ce développement correspond à la croissance démographique africaine, continent qui est aujourd'hui "en retard", mais qu'en sera-t-il en 2050 ? Les 40 années qui viennent pourraient transformer la donne; quand on voit la vitesse du changement asiatique, l'Afrique, prochaine étape ?
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Par facetus - 12/04/2010 à 15:17
Le fossé entre l'Afrique et le reste du monde ne cessera de se creuser. Dans 40 ans, ce sera juste pire mais comme ils se reproduisent comme des lapins, ils chercheront des jours meilleurs en traversant la méditerranée.

Aujourd'hui et pour les décennies à venir, les chinois remplacent d'ailleurs les puissances occidentales pour le commerce, la finance, la corruption, etc.
Pourquoi sont-ce des ouvriers chinois et nord-coréens qui sont amenés à construire les bâtiments publics, routes, stades, etc. en Afrique?? Pourtant la main d'oeuvre locale ne devrait pas être si chère et il n'y a rien de compliqué à faire du BTP... No future!!
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Par Orange - 13/04/2010 à 00:07
Je trouve cette analyse trop radicale, en particulier si l'on prend cet exemple des travaux publics réalisés par des entreprises asiatiques qui importent leur propre main d'oeuvre, même la moins qualifiée. Je suis certain qu'il s'agit pour l'essentiel de choix d'organisation en vase clos dans une recherche de simplification à l'extrême (même en terme de linguistique), dans des conditions quasi esclavagistes, ceci indépendamment du potentiel de main d'oeuvre locale. Tes sous-entendus quant à l'absence de compétences locales sont à mon avis, en ce qui concerne la main d'oeuvre, totalement erronés; il suffit de voir qu'une grande partie de l'émigration depuis ces pays vers l'Europe trouve son emploi dans le BTP européen ! Par contre en ce qui concerne les entreprises à même de gérer ces grands chantiers, tu as sans doute raison.

Quant au développement économique et l'amélioration du niveau de vie, tu passes sous silence les dynamiques engagées depuis une vingtaine d'année. Voici un article qui en donne un aperçu, mais j'ai vu des statistiques plus détaillées que je retrouverai.




L'autre croissance de l'Afrique, par Philippe Askenazy
LE MONDE ECONOMIE | 23.03.10 | 16h03 • Mis à jour le 23.03.10 | 16h03


Les chiffres des bases de données des grandes institutions internationales décrivent une Afrique subsaharienne engluée dans une faible croissance depuis des décennies, tandis que les pays d'Asie ou d'Amérique latine émergent durablement. Cette représentation alimente une certaine condescendance des pays du Nord vis-à-vis de l'Afrique, voire la désolante image d'un "homme africain" qui ne s'élancerait pas vers l'avenir. Pire, les Cassandre soulignent désormais que le changement climatique condamnerait encore plus une Afrique maudite à son sous-développement et à sa pauvreté.

Mais voilà que des travaux récents revisitent en profondeur l'évolution économique de l'Afrique au cours des dernières décennies. Une première étape a été l'estimation par deux chercheurs, Maxim Pinkovskiy, du Massachusetts Institute of Technology (MIT), et Xavier Sala-i-Martin, de l'université de Columbia (Etats-Unis), de l'étendue de la pauvreté en Afrique. Celle-ci est définie au seuil de 1 ou 2 dollars par jour de revenu. D'après leurs calculs à partir des données de référence, après deux décennies de hausse, la prévalence de la pauvreté se serait effondrée depuis le milieu des années 1990.

Cette chute de la pauvreté pourrait même être encore plus marquée. Cette assertion s'appuie sur une remise en question profonde des chiffres concernant le produit intérieur brut (PIB) de ces pays. Ils sont affectés de marges d'erreur massives, dues aux difficultés de la collecte des informations et à l'importance de l'économie informelle. Quatre économistes, dont deux du Fonds monétaire international (FMI), Simon Johnson, William Larson, Chris Papageorgiou et Arvind Subramanian, remarquent ainsi, dans un document dévoilé cet automne, que les actualisations des bases de données s'accompagnent de modifications substantielles des statistiques.

Par exemple, selon les chiffres disponibles en 2002, le PIB de la Guinée équatoriale aurait crû d'environ 4 % par an de 1975 à 1999, alors que les chiffres révisés les plus récents donnent, pour ce pays, une décroissance sur la même période ! Il est dès lors très difficile de prétendre s'appuyer sur les sources classiques pour comprendre la croissance africaine.

D'où la nécessité d'une nouvelle étape : il faut construire une méthode alternative d'estimation de la croissance pour ces pays. Une solution a été présentée mi-mars en séminaire à Paris par Alwyn Young, professeur à la London School of Economics. Le titre de sa présentation est sans équivoque : "Le miracle de la croissance africaine". Si les chiffres sur le PIB de l'Afrique subsaharienne sont mauvais depuis deux décennies, des enquêtes de bien meilleure qualité ont été réalisées auprès de centaines de milliers de ménages pour mesurer le niveau de consommation et d'équipement des foyers dans de nombreux pays de cette région.

L'idée de Young est proche de ce que l'on pratiquait en Europe pour mesurer, après-guerre, la convergence de nos économies avec celle des Etats-Unis, à travers les taux d'équipement des ménages en réfrigérateur ou en téléviseur, bref, l'accès au confort moderne.

Alwyn Young exploite ainsi les enquêtes "Démographie et santé" financées depuis les années 1970 par l'Agence américaine de développement. Il retient une batterie de mesures du développement à travers quatre catégories. Premièrement, la possession d'équipement (radio, télévision, frigo, voiture, cycle ou téléphone) ; deuxièmement, les conditions de logement (électricité, eau potable, sanitaire, nombre de pièces par personne ou toit en dur) ; troisièmement, la nutrition et la santé des enfants ; enfin, l'usage du temps et l'économie du foyer (scolarisation des enfants, travail des femmes, etc.).

A partir de ces indicateurs alternatifs, l'estimation de la croissance de l'Afrique subsaharienne depuis 1990 se retrouve plus de trois fois supérieure à celle habituellement acceptée, soit entre 3 % et 4 % par an. Preuve de la robustesse de ces résultats, cette croissance n'est pas due à une catégorie particulière d'indicateurs ; presque toutes les variables connaissent une amélioration nette.

La même méthode aboutit aussi à rehausser modérément la croissance d'autres pays. Au total, l'Afrique subsaharienne ferait aussi bien que les pays en développement des autres continents. Pour Young, ce résultat est remarquable, compte tenu des coûts humain et économique des conflits armés et surtout des ravages de l'épidémie de sida. Evidemment, cela ne signifie pas que cette partie de l'Afrique ne demeure pas parmi les régions les plus pauvres du globe. Mais cela montre qu'il n'y a pas de fatalité. Cette approche suggère aussi que l'aide économique à ces pays n'est pas nécessairement vaine.


Philippe Askenazy est directeur de recherche au CNRS, Ecole d'économie de Paris.